ACTUALITÉS

L'Obédience qui relie l'Orient à l'Occident


 Un Grand Orient Abrahamique :
"Le Rite Œcuménique"(Judéo-Chrétien-Musulman)

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Pour la Saint Jean d'Eté


Le tombeau de Saint Jean-Baptiste à l'intérieur de la Mosquée des Ommeyades à Damas ( Syrie )


Le Jeudi 14 Juin 2012 à 20h la Respectable Loge de Recherche Khalil GIBRAN ( GOAO ) à l'Orient de Saint Cloud ( Paris ) organise un Dîner-Débat autour d'un Mezzé libanais sur le thème:


" La Figure de Jean-Baptiste en Islam Spirituel" 
                                   
par Dr RAHMATOULLAH, Président de la Société d'Etudes Ismaéliennes en France.

* Les places étant limitées à 50 , il est impératif de vous inscrire dès à présent ( date limite le 10 Juin 2012 ) en adressant votre chèque au:

GOAO

B.P. 6
77510 Rebais
France
Tel: 0672463769

* La participation au Dîner-Débat est de 25 euros par personne

* Ouvert au public

* Lieu : Respectable Loge de Recherche Khalil GIBRAN (G.O.A.O.) à l’Orient de Saint Cloud (92210-France, Péniche Le Cloch’Art)

2055 Quai Marcel Dassault-92210 Saint Cloud (face au siège Dassault Aéronautique)

Métro : Pont de Saint Cloud / Rhin et Danube ; Autobus : N°175 Station Val d’Or ; Tramway : « Les Coteaux » à 5 mn de la Défense ; Train : Val D’Or (Gare Saint Lazare ou la Défense. Parking gratuit devant la péniche.

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A paraître prochainement , le nouveau livre de :

Jean-Marc ARACTINGI et Christian LOCHON 

" Islam, Franc-Maçonnerie,Traditions ésotériques "



Au Sommaire :

Préface

 

Chapitre 1 : Le patrimoine culturel méditerranéen

 

Chapitre 2 : Les philosophes moutazilites

 

Chapitre 3 : Traditions initiatiques musulmanes et franc-maçonnerie

 

Chapitre 4 : Chevalerie orientale et franc-maçonnerie

 

Chapitre 5 : Jamaleddine El Afghani

 

Chapitre 6 : Les Orientalistes francs-maçons

 

Chapitre 7 : L’Émir Abdelkader, l’Initié par excellence

 

Chapitre 8 : La Zaouïa

 

Chapitre 9 : Soufisme et Franc-Maçonnerie sur le pouvoir et la sagesse aujourd’hui

 

Chapitre 10: La Franc-maçonnerie dans les pays arabes

 

Chapitre 11 : Un nouveau rite maçonnique : Le Rite Œcuménique

 

Chapitre 12 : L’Islam libéral

 

Postface


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Signature d'un accord entre Sant'Egidio et la Muhammadiyah



Un accord a été signé en Indonésie entre la communauté catholique de Sant'Egidio et la Muhammaddiyah, une des plus importantes organisations islamiques au monde, a annoncé cette communauté proche du Vatican dans un communiqué.

Le mémorandum a été signé par le président de Sant'Egidio, Marco Impagliazzo, et le président de la Muhammaddiyah, Din Syamsuddin, à l'occasion de la visite en Indonésie du ministre italien des Affaires étrangères Giulio Terzi.

Il prévoit une collaboration "dans les domaines de la solidarité, du dialogue inter-religieux, de la promotion de la culture de la tolérance".

A la signature étaient présents des représentants de la Muhammaddiyah de plusieurs villes indonésiennes mais aussi des autres communautés religieuses --bouddhiste, hindouiste et confucéenne-- ainsi que du gouvernement indonésien.

L'esprit de cet accord, souligne Sant'Egidio, vise entre autres à "dépasser une décennie d'affrontements, prévenir les représailles, l'incendie de mosquées et d'églises, récréer le mode du vivre ensemble et rendre vains les arguments de ceux qui disent que le monde doit être constitué d'îles ethniques".

Sant'Egidio se félicite de ce que l'islam indonésien, largement majoritaire, "a accepté comme élément constitutif le principe du pluralisme et du débat démocratique".

La communauté de Sant'Egidio doit réunir cet automne à Sarajevo des responsables de la société civile et de toutes les religions, à l'occasion du XXème anniversaire du siège de la ville bosniaque.

La Muhammadiyah

La Muhammadiyah ("ensemble des partisans de Mahomet" en arabe) est une organisation socio-culturelle musulmanindonésienne créée en 1912 à Yogyakarta paKiai Haji Ahmad Dahlan, un pieux musulman formé à la Mecque, où il avait été fortement influencé par les livres du réformateur égyptien Muhammad Abduh. Abduh préconisait une purification de la pensée et de la pratique musulmanes par un système éducatif musulman modernisé. C'est pourquoi on qualifie parfois la Muhammadiyah d'organisation musulmane "moderniste", par opposition à sa rivale Nahdatul Ulama, qualifiée de "traditionaliste".

Le Grand Mufti d'Egypte Mohammad Abdou était Franc-Maçon.


En Egypte, le grand mufti Mohamed Abdou avait adhéré à cette vision pacifique et tolérante de l’islam. C’était un homme à l’esprit ouvert qui influença les dirigeants arabes de son temps, dont Nasser et les promoteurs du socialisme arabe. Abdou était favorable à une sorte de « despotisme éclairé » (dont le colonel Nasser serait un parfait exemple) ouvrant la voie à des réformes résolument démocratiques. Comme l’émir Abd el Kader au XIXe siècle, Abdou était franc-maçon et planchait au sein de la Grande Loge d’Orient.
 


sources:OLJ;Wikipedia;Grand Orient Arabe Oecuménique page GM d'Egypte

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LES ENFANTS DE LA LUMIERE

 

Au Commencement, il y avait le Verbe, synonyme de l’Action Divine. Le Grand architecte de l’Univers, a voulu magnifier son Amour, et Créer « l’Ici-bas », en dotant sa Créature d’Esprit, Substance Immatérielle Divine, pour accéder à La Conscience Universelle.

 

Cette « Energie Lumineuse Primordiale », selon l’expression d’Henri BERGSON, a provoqué l’Emanation de l’Esprit. Ainsi, l’Être est à la fois « Matière Divine » et « Energie Spirituelle ».

 

Cette Emanation, Chère à PLOTIN, est le Produit de l’UN., Unique, Indicible et Indivisible, Universel et cosmique. PYTHAGORE considère l’UN, Créateur, le Centre et l’Origine de toute chose. Ainsi l’Univers a pris forme par une série de Mystères Processionnels, non seulement dans une Harmonie Créatrice, mais aussi dans une succession de phénomènes et de rapports incompréhensibles pour l’Homme.

 

Cet Equilibre Harmonieux Universel est le reflet de l’Architectonie bien codifiée à l’Echelle Cosmique. Le Logos est non seulement Conscience de cette Architecture équilibrée, où les Nombres et les Mesures sont Immortellement et Immuablement perpétuels, mais aussi une Harmonie de l’Être, à travers lequel, et à travers nous, nous ferons ce Voyage INITIATIQUE, afin de s’approcher de notre propre Conscience et immanquablement de la CONSCIENCE UNIVERSELLE.

 

Si l’Esprit de l’Humain conçoit l’UN, c’est parce que l’UN nous a transmis cette parcelle de LUMIERE, puisqu’IL EST LUMIERE. IL a communiqué SA Présence par l’Energie Spirituelle qui existe au plus profond de notre conscience ; On s’élève jusqu’à LUI par Transcendance, laissant notre « Matière » progressivement, et s’approchant de LUI sans jamais l’atteindre.

 

Les ILLUMINES de l’Histoire Humaine ont vu métamorphosé leur propre existence, quand ils ont perçu et transmis l’Enseignement Divin. L’enrichissement de notre Histoire par une succession de Prophéties, est le reflet de la Volonté Divine, afin que l’Homme délaisse la matérialité, se détache du bonheur Terrestre, et fusionne avec « l’Ether » Céleste.

 

Ces FILS DE LA LUMIERE ont enseigné et invoqué l’UN, dans l’Espace et dans le Temps, dimensions mesurables de la Matière et de l’Histoire, de la Géographie et des Civilisations. Mais l’Essence et la Finalité de la conscience Universelle ne sont pas limitées par ces données

Perceptibles par nos Sens et notre intelligence. Car l’UN est dans le Temps et hors du Temps, IL est dans un Univers Illimité qu’il a Créé.

 

Phénoménologues, Structuralistes, voire Epicuriens et d’autres n’ont perçu que la face matérielle de l’Existence, tandis que HERMES, PYHAGORE, PLATON, MANI, MOISE, JESUS, et MAHOMET ont été investis de la Révélation de l’UN, Causalité Originelle, Existant en dehors de toute Existence, par Nécessité et par Sa Volonté (et le Verbe s’est fait Chair ; Evangile de Jean).

 

Continuité Historique, corollaire de cette impulsion Divine Périodique, depuis THOTH ou HERMES, jusqu’aux Révélations ISMAELIENNES, en passant par les ESSENIENS, pour aboutir à la magnifique Illustration du GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS dans notre Elévation Spirituelle Maçonnique ; Continuité qui n’a jamais cessé (Chaine Initiatique ou Chaine d’OR).

 

Le Grand Architecte de l’Univers, a ainsi planté le germe de l’AMOUR dans le cœur de l’Homme, car il l’a créé à son Image, et lui a donné le pouvoir de s’élever jusqu’à LUI.

Par cette INITIATION Existentielle, Voie donc d’AMOUR, de SAGESSE, et d’ESPRIT.

 

Nous sommes ENFANTS DE LA LUMIERE, par le Processus de l’INITIATION, et la prise de conscience de l’Existence Divine par la Transcendance Spirituelle. Nous quittons les Ténèbres et marchons vers la Lumière. Et à chaque pas, ou Elévation, nous quittons « le Néant » pour s’approcher du Centre Lumineux. Les Ombres de la Caverne, dont parlait PLATON, ne sont-elles que des illusions ? Nous laissons à chaque étape une partie de nous-mêmes pour renaître et repartir vers le Nouveau Voyage, avec plus de Lumière et moins d’Obscurité (comme dans un Temple).

 

Pythagore nous rappelle ce Centre comme le Centre de l’Univers ou « la Lumière Spirituelle Sacrée ». L’Harmonie de l’Univers guide toutes choses, car une chose quelle qu’elle soit, devant être ce qu’elle est pour Être. Celle-ci ne peut exister qu’en fonction d’un Principe d’Harmonie et donc de l’UN.

 

DIOGENE LEARCE (III Siècle Av JC) nous parlait de PYTHAGORE : « Pour lui, Pythagore, le Principe des Choses est la MONADE (l’UNITE). De la Monade est sortie la Dyade (Dualité), matière indéterminée soumise à la Monade qui en est la Cause. De la Monade parfaite et de la Dyade indéterminée, sont sorties les Nombres ; des Nombres les Points, des Points les Lignes, des Lignes les Surfaces, des Surfaces les Volumes, et des Volumes les Corps.

 

LEIBNIZ, vingt trois siècles après Pythagore, a esquissé dans sa Monadologie une vision grandiose de l’Harmonie Universelle de toutes choses à partir d’un Principe Premier : la Monade.

 

Cette aspiration, inspirée par le Souffle de l’Esprit, forme la plus élevée de la Représentation Humaine, a contribué à l’Atomisation de l’Extra-matérialité, et la dispersion de la Matérialité, produisant ainsi une attraction des ILLUMINES vers la Lumière.

 

Il y a apparence de Dichotomie, en fait, tout revient à l’UN. L’Esprit libre, pur, inconditionné, peut se détacher de l’emprise de nos Sens et de nos tendances. C’est l’Evocation de l’Idée de purification, processus de transfiguration qui démonte la tendance Dualiste ou la Multiplicité. La disparition du rapport Moi, Non-Moi amène la disparition de la Dualité et produit la Connaissance de l’UN. Il ne s’agit pas de « Trouver » quelque chose, mais au contraire de faire disparaître ce qui voile l’UN.

 

Maître ECKART écrit : « Dieu et Moi, sommes UN dans la Connaissance, celui qui connait et ce qu’il connait sont UN. »

Le Sage d’Ephèse que fût HERACLITE renvoie l’Homme à sa propre Lumière, au lieu de s’exténuer dans l’affirmation et son contraire. Il nous montre la Voie de l’ÊTRE qui est en nous.

 

La Maïeutique Dialectique nous éloigne de l’UN par l’affirmation de la Multiplicité. Multiplicité à la base de la Vie réelle et matérielle. Mais précisément, toute Multiplicité nous ramène au Monisme Existentiel, à l’UN. Car poly- composite et incompréhensible, disharmonieuse et contradictoire, la Multiplicité de l’UN conduit au Chaos, si elle est considérée comme réalité Spirituelle indépendante de l’UN. Dualité ou Multiplicité, était une manifestation ambiguë, or il n’y a pas d’ambigüité dans tout ce que l’Homme peut voir ou concevoir ; mais voir n’est ce pas sortir de la Caverne pour recevoir la Lumière.

 

Cette tendance ORPHIQUE d’Immortalité nous rappelle que « Si tu apprends, dit HERMES, à te connaître comme étant fait de Vie et de Lumière, tu retourneras à la Vie ».

Ce Voyage Initiatique est une Sublimation de l’ÂME, et la véritable Odyssée en Quarante cinq milles Vers à la Gloire de l’Esprit Universel (et du Grand Architecte de l’Univers), de JALAL EDDIN EL ROUMI, commenté par GOETHE et HEGEL plus tard, comme l’Hypostase de l’Amour Divin.  Voyage conduisant de l’Humain à l’Ultra-Humain, et du Cosmos tout entier vers la Convergence Ultime, le point Oméga, à partir duquel DIEU se révèle comme « l’Avenir Unique et Absolu » selon l’expression de TEILHARD DE CHARDIN.

 

MELCHISEDEC

LOGE KHALIL GIBRAN - SAINT CLOUD (G.O.A.O.)




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Prochainement à l'Orient de Saint Pierre ( La Réunion ) allumage des feux de la Respectable Loge de Recherche " Ibn ARABI " du Grand Orient Arabe Œcuménique ( GOAO ) en présence du Grand Maître Mondial le T:.S:.F:. Jean-Marc ARACTINGI et du Grand Maître pour l'Afrique , l'Océan Indien et l'Asie (Chine, Japon..) le T:.I:.F:. Bruno RAFFI et de plusieurs hauts dignitaires d'Obédiences amies.

Ibn ARABI

Ibn Arabi a vécu de 1165 à 1245. Sa vie est partagée en deux : 40 ans en Andalousie et dans le Magheb, 40 ans en Orient. Né à Murcie, son tombeau est à Damas. Abdelkader suivit ses pas jusqu’à mourir dans la modeste maison où il vécut. Né dans une famille noble, il abandonne les biens matériels pour entrer dans la voie avant 20 ans.
Dès lors, sa vie est faite de visions, de voyages auprès de maîtres spirituels, de rédaction de plus de 400 ouvrages.
Dans un monde qui se défait, Reconquista et déclin des Almohades, à l’Ouest, croisades et invasions mongoles à l’Orient, il fut comme un exilé distancié de la fureur du monde apparent et attaché à percer les derniers secrets métaphysiques.
Sur le plan philosophique, Ibn Arabi est un continent. Il est en apparence à l’opposé d’ibnRushd qu’il rencontre à 18 ans. Il représente le pôle de la tradition mystique, initiatique, et métaphysique.
Son passage d’Occident en Orient est physique mais aussi symbolique. Comme Athènes et Jérusalem, l’Orient et l’Occident sont deux pôles contradictoires d’une réalité essentielle : raison et mystique, soufisme et ésotérisme shiite, monde arabe et monde irano-turc.
La pensée d’Ibn Arabi est ardue. Elle témoigne d’une expérience des limites où nous devons accepter l’existence effective de visions, de dialogues avec des prophètes et des défunts, de montée au ciel auprès du trône de Dieu et des saints, de télétransportation. Ibn Arabi se situe dans la tradition des saints et prophètes. 
De cette expérience, il tire une philosophie de l’être qui dans son essence tutoie les systèmes métaphysiques les plus exigeants.
Ainsi sa théorie de l’Unicité de l’être distingue l’être inconditionné et inconnaissable et sa traduction sous forme de croyance accessible. Ce monothéisme transcendantal exclut toute possibilité d’intolérance. Il imagine un désir de Dieu d’être connu, aimé, qui le conduit à créer le Monde et l’Homme. De dédoublement est une suite de théophanies : dans le monde, se reflète l’être comme dans un miroir. Cette dualité est et n’est pas. Elle est, car la créature n’est pas le créateur, elle n’est pas, car en elle, l’être se réfracte.

Théophanie de l’être, l’Anthropos Divin est l’Adam Kadmon, le saint-Esprit, l’archange Gabriel de nos traditions. C’est le Logos, qui fait la loi et ordonne le Monde. Le Logos n’est pas l’être mais son émanation. Derrière la loi, se tient donc un être inconnaissable. Kant ne dit pas autre chose ni Heidegger.
Selon Ibn Arabi, la Réalité métaphysique de Mohamed le prophète est le sens caché et continu des traditions prophétiques légiférâtes. Adam, Noé, Moïse, Abraham, Jésus et Mohammed ne sont qu’un seul et même être métaphysique, forme accessible aux hommes de l’Anthropos. Selon Ibn Arabi, Mohamed est le Sceau de la prophétie légiférante, la sharia, lui-même est le Sceau de la réalité mohammadienne, le sens ésotérique du Coran et des prophètes, et Jésus est le sceau de la walaya, la sainteté. Ibn Arabi accorde donc une place particulière à Jésus alors même que les croisades font rage. Le devoir de l’homme est donc de chercher en lui, en abandonnant l’Ego par l’humilité, le « Seigneur qui est en lui », la forme singulière de l’Anthropos dont son cœur est le miroir.

Ainsi pour Ibn Arabi, entre les mondes de l’intelligible pur, le monde des idées de Platon et le monde sensible, se tient un troisième monde, le « mundus imaginalis », monde perdu par la rationalité moderne où se tiennent « vraiment » les outils de la médiation entre intelligible et sensible : anges, prophètes, rites initiatiques, Tradition. Cette réalité virtuelle, cette imagination créatrice est un monde créateur de sens, le Parole. L’initiation permet d’ouvrir la porte de ce monde caché à ceux qui sont trompés par les apparences ou les ergotages de la raison pure.

Par cette prodigieuse architecture, Ibn Arabi se tient aux côtés des grands maîtres qui se tiennent à l’écart des religions sociales. Il ouvre la voie d’un dialogue entre traditions pour approfondir la Tradition convergente des traditions.

Cette œuvre est difficile mais avec du travail, chacun peut en tirer profit.

source:RL Averroes,O:.de Roubaix (GLDF)
http://averroes-roubaix.org/

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La chaine libanaise LBCI consacre une émission sur la Franc-Maçonnerie
Compte rendu et Analyse:.
 (à voir en tapant) :
Première Partie :
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=YWK-tHfWFJE#!
Deuxième Partie : 
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=0vByYrwAgpc

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Compte rendu et Analyse de l'émission sur la Franc-Maçonnerie ( à voir ci-dessus sur la LBCI/ Liban ) :

Première Partie:

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La Couleur du 7° degré au Rite Œcuménique est le Pourpre

Produite par les Phéniciens (teinture avérée en 1500 BC à Ougarit, puis, à très grande échelle et durablement à Tyr et Sidon), dans les Cyclades et en Israël, elle symbolisa un haut rang social chez les Gréco-romains ainsi que dans nombreuses civilisations. A Rome, elle était l'apanage des consuls, des triomphateurs puis des empereurs 

. Dans l'empire romain d'Orient, elle représenta la dignité impériale : les enfants royaux nés sous le règne de leurs parents étaient dits "porphyrogénètes", c'est-à-dire "nés dans la pourpre". On utilise alors celle-ci comme teinture, mais aussi comme encre pour les documents officiels ou religieux, selon des modalités d'emploi complexes.

Pour les rois francs et les évêques et cardinaux catholiques, la pourpre, arborée par le biais du vêtement, était le symbole d'un pouvoir. 

Plus qu'un symbole, elle  a peut-être fait la fortune de la Phénicie (Phoinikè, à rapprocher de la couleur de l'oiseau mythique Phoenix , symbole de l'Obédience). 


On retrouve aussi cette couleur sur le tablier des Grands Maîtres Nationaux du GOAO 

Voir la Symbolique des couleurs au Rite Œcuménique:
http://www.grandorientarabe.org/index.php?p=1_12_Le-Rite-cum-nique


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Après l’athéisme, la franc-maçonnerie 

fait dans l’œcuménisme !

On croyait cette vénérable institution enfermée sur elle-même, empêtrée dans ses batailles de clocher comme c’est encore le cas aujourd’hui à la Grande Loge Nationale Française, et voilà que quelques uns de ses membres tendent la main vers l’Orient. Non pas l’Orient « éternel » où siègent symboliquement leurs chefs (les « vénérables »), mais l’Orient géographique, le vrai, celui des arabes et des musulmans.

La Maçonnerie, née des salons bourgeois à l’aube du XVIIIe siècle, est essentiellement marquée par une symbolique et une mythologie très judéo-chrétienne, à l’image de l’époque qui la voit grandir. Ceci explique que les occidentaux de confession musulmane, français ou les européens, sont très peu représentés au sein des loges et obédiences actuelles. On est très loin de toute forme de représentativité sociale. Un musulman est, en effet, en perte totale de ses repères culturels face aux rituels et symboles qui structurent la Franc-maçonnerie.

Cette « société discrète » enfin est généralement rejetée, parfois de façon violente (la fatwa n’est pas la seule arme), dans la plupart des pays arabes alors qu’elle y possède une histoire, souvent liée aux démarches initiatiques propres au soufisme, aux ésotéristes druzes ou au chiites par exemple.

Sensibilisés par cette question, quelques « frères » décident alors de monter de toutes pièces une nouvelle obédience dont la vocation est clairement de porter le message maçonnique partout en Orient, y compris là où il est le plus mal venu, afin de ne pas laisser dans l’ombre des femmes et des hommes écartés des « lumières » de l’initiation maçonnique. Une forme d’utopisme probablement, d’autant qu’une telle ouverture ne peut se faire sans les attaques et dénigrements des autre « clochers » maçonniques, en toute fraternité naturellement ! Ces derniers guerriers bien occidentaux, conçoivent très mal une ouverture maçonnique à l’aide de moyens modernes comme internet. Le pragmatisme américain n’est pas de mise ici, surtout après plus de trois siècles d’enfermement sur soi : Il est plus naturel et plus facile de rester « entre-nous », de mettre une majuscule au mot tradition et d’en sacraliser la notion pour n’en rien changer. C’est plus rassurant et plus confortable à la fois. La Franc-maçonnerie est, en ce sens, un parfait reflet de notre société.

Historiquement et spirituellement fille du « Grand Orient Arabe » né dans les années cinquante au Liban, une terre où cohabitent (difficilement) toutes les tendances du christianisme et de l’islamisme, le « Grand Orient Arabe Œcuménique » est donc né en 2010. L’équilibre fragile entre les différentes cultures repose sur un nouveau rite dit « œcuménique » qui,  sans renier le travail de ses pères fondateurs qui sert de matière première (de « pierre brute » disent les maçons), fait le lien entre l’Orient et l’Occident ; entre les trois religions du Livre que sont le judaïsme, le christianisme et l’islamisme.

Sans fard ni artifice, il affiche son insolente fraîcheur sur le net avec un tout jeune site (www.goao.org)

ayant choisi le phénix pour emblème. En avance sur son temps ? Le risque est réel, car on a toujours tord d’avoir raison trop tôt. L’avenir nous le dira…

 

 

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Cette modeste étude comparative porte sur quatre points de convergence qui peuvent rapprocher des intellectuels musulmans des idéaux maçonniques. D’abord les structures médiévales des corporations et confréries musulmanes dont Louis Massignon, Henri Corbin, René Guénon, Faouzi Skali ont montré les ressemblances avec les organisations sœurs comme le compagnonnage en Europe. La philosophie mutazilite peu connue en Occident a été très audacieuse et revient en première ligne. Le mouvement démocratique dans le monde musulman s’est développé malgré l’autoritarisme des régimes ; le printemps arabe de 2011 en est un épigone. Enfin, la création de loges au Proche et Moyen Orient s’est effectuée au XVIIIe siècle en même temps qu’en Europe ou en Amérique lorsque les franc-maçonneries ottomane, égyptienne, arabe auront tissé des contacts très approfondis avec les loges-mères anglaise, française ou italienne. C’est que, dans cette interaction culturelle entre Proche-Orient et Europe, plusieurs mythes sont communs ; le drame d’Hiram aurait un antécédent en Egypte, vers 1500 av .J.C. lorsqu’un architecte fut assassiné dans des circonstances obscures, tel que relaté sur des ostracas, ou en Iran où le meurtre de Zoroastre sera repris dans la commémoration annuelle chiite de celui de Hussein petit fils du Prophète à Kerbela (Irak).


I- Corporations et confréries en Islam

La structure initiatique des corporations est attribuée à un héros éponyme, Salman Al Farisi, mazdéen converti à l’islam. Devenu barbier du Prophète, il serait revenu comme gouverneur à Mada’in (Ctesphon), en Irak où il aurait organisé les corporations de 51 métiers reconnus, qui existaient dans la culture mazdéenne et auxquelles il donnera des bases musulmanes. Salman établit une doctrine de l’honneur artisanal, appelée « futuwwa » dont la base reposait sur un consensus hiérarchique, un rituel initiatique et la qualité du travail bien fait. On eut ainsi un maillage presque complet de toutes les catégories professionnelles d’artisans reconnus, qui assuraient une formation professionnelle mais aussi humaniste, à l’image de celle des « Compagnons du Devoir » d’Europe. Elle s’étendait aux non-musulmans, chrétiens, juifs, mazdéens, sabéens, hindous très présents dans les métiers d’orfèvrerie, de la décoration, ou comme médecins.
. Le calife Al Nasser (1180-1224) créera à l’intention des hauts fonctionnaires une corporation d’honneur dont les membres prêtaient serment d’allégeance au calife lui-même qui leur donnait le mot secret et les associait, par un système hiérarchisé qui remontait à la tête de l’Etat, dans une assistance inter fraternelle, un échange de services, dans l’esprit de pureté morale. Le sultan ottoman Mourad 1er (1360-1389) fera de même, établissant pour la dynastie ottomane une tradition de compagnonnage adoptée par ses successeurs.
L’esprit corporatif s’étendit aux métiers susceptibles d’entacher la pureté des croyants tels les crieurs publics, les maquignons, les changeurs, les cambistes, les huissiers du tribunal, les courtiers d’esclaves, les éleveurs de pigeons, les danseurs, les baladins, les indicateurs, les femmes, les courtisanes, les pleureuses (aux enterrements), les entremetteuses. Les corporations furent toujours hiérarchisées et organisées ; à leur tête un Maître, qui représentait la profession devant les autorités locales ; puis les maîtres propriétaires d’atelier, les compagnons vêtus d’un tablier distinctif, et les apprentis. Les corporations organisaient des défilés pour célébrer la circoncision des fils du sultan, le mariage de ses filles, les victoires de ses troupes. Pendant plusieurs années consécutives, le débutant (mubtadi) ne percevait aucun salaire ; mais appartenir à un corps était en soi un privilège car cela permettait d’être reconnu capable de produire un travail d
e haute qualité et d’ouvrir leur propre atelier.

L’entrée dans la corporation était solennisée : le cheikh passait un châle autour du la taille de l’impétrant et le nouait par des torsions successives. Une coupe d’eau salée devait être absorbée trois fois par le récipiendaire exprimant son intention de dire vrai (charia), de voir vrai (tariqa), de devenir vrai (haqiqa). A la fin de la cérémonie d’initiation on lui remettait un pantalon bouffon, puis une cordelière, ceinture de tablier (shadd) ou un baudrier. Puis on lui enseignait les signes de reconnaissance et les mots de passe. Les apprentis devaient également « voyager » en se rendant sur les tombes des Grands Maîtres de la corporation et suivre un enseignement des symboles, relatifs aux Prophètes du Coran. Les rituels s’accompagnaient de chants allusifs au Prophète et à ses compagnons.

Thierry Zarcone a montré que les loges ouvertes dans l’empire ottoman au XVIIIe siècle avaient emprunté aux corporations, et aussi aux confréries, leur lexique particulier. Les appellations des 3 premiers degrés étaient celles des corporations : « chirak » (apprenti), « kalfa » (compagnon), « osta » (maître) ; le tablier « peshtemal » dans les ateliers opératifs ; garda ce nom dans la maçonnerie. Chez les Bektachis, on peut trouver les mêmes réponses dans les Instructions (turques) pour le degré d’apprent maçoni et le questionnaire de la confrérie. L’extinction de beaucoup de métiers manuels sont venues à bout de l’esprit corporatif qui aura duré jusque dans les années 193O. Par contre des Compagnons français du Devoir, tailleurs de pierre, s’étant rendus à Damas en 1988, découvrirent que leurs homologues syriens utilisaient des instruments oubliés en Europe, comme la « lombarde », qui servit comme signature de compagnons sur les murs des cathédrales. Le Pr. Massignon souligna l’influence que les corporations musulmanes ont pu avoir en Europe dans le développement des « villes franches ». Ainsi, à Paris, la corporation des bateliers fut assez puissante pour imposer leur symbole comme armes de la ville.

Pour les confréries, c’est à Baghdâd que le Cheikh Abdelqader El Jilani (XIIe siècle) crée la première confrérie (tariqa) qui conserve encore aujourd’hui une réelle influence. Les membres des confréries se retrouveront dans les mosquées, particulièrement le vendredi après-midi, ou dans des locaux, appelés « zaouïa » au Maghreb, « ribât » (« Rabat » au Maroc) ou « khanqa » au Proche-Orient et en Asie Centrale. La confrérie des Chaziliya sera fondée au Maroc au XIIIe siècle, celle des Mevlevis par Jalaleddine Roumi (m. 1273) à Konya, l’Ordre des Naqchbandiyya en Asie Centrale par le Cheikh Behaeddine Naqchbandi au XVe siècle, celui des Tijaniyya au Maroc (XVIIIe siècle). Au XIXe siècle, les Senousiyya en Libye, les Mirghaniyya au Soudan, les Rifaïyya en Somalie seront constitués en confréries par trois disciples d’un même cheikh marocain à la Mecque. Les « tariqas » pratiquent l’initiation progressive à 4 degrés : mourid, mouqadem, nasib et cheikh, soumis au respect du secret. L’initié modèle est le Prophète lui-même qui proclame : « Je ne sais pas lire ». L’épreuve dans une caverne de la révélation des premiers versets est comparée à une initiation soufie, car Mohamed en ressort prophète. La translation qui le conduira de Médine à Jérusalem, et de Jérusalem au 7e ciel permet d’acquérir le plus haut grade dans la hiérarchie confrérique. Le voyage est décrit dans Le Livre de l’Echelle de Mohamed ensemble de récits arabes relatant l’ascension jusqu’à Dieu. Les rituels principaux des mystiques soufis sont des litanies, des répétitions d’oraisons, de « remémorations » (dhikr) scandées pour souligner la présence de Dieu ». Comme les yogis de l’Inde, certains disciples ont appris des techniques respiratoires qui les conduisent dans des états de transe spectaculaires. Les initiés se voient remettre un chapelet de 33 grains ( Qadiris), de 66 ou 99 ( Naqchbandis), basés sur la valeur numérique du nom « Allah » qui, en lettres arabes est l’équivalent de 66. Certaines confréries utilisent la danse ; 9 disciples représentent les planètes et tournent autour du Maître-Soleil comme en Turquie, à Konya, les « derviches tourneurs ». Atatürk interdira les confréries en 1924, mais elles ont repris leurs activités et beaucoup d’hommes politiques turcs sont proches de la Confrérie Naqchbandiyya opposée aux radicaux islamistes du nouveau régime AKP.
D’un pays à l’autre, le confrérisme prend des formes très différentes selon l’histoire et l’évolution politique de chaque pays mais il assure, plus que l’islam officiel, une unité certaine des croyants.


II-La Philosophie islamique ; le Mutazilisme

La découverte de la philosophie grecque dans les manuscrits traduits en syriaque puis en arabe sous les premiers souverains abbasside conduira à la formation d’une école « mutazilite » qui essaiera d’imposer une nouvelle exégèse coranique construite à partir d’une grille de lecture philosophique .Ce mouvement qui se forme à Bassorah (Irak) puis à Bagdad est encouragé par le pouvoir abbasside qui admet la supériorité du raisonnement sur les diktats de la foi religieuse. Le philosophe Al Kindi (m.866) l’exprime en ces termes : « Nous ne devons pas avoir honte de la vérité et de la faire nôtre quelle qu’en soit la source ». C’est qu’à l’époque théologiens musulmans, chrétiens et juifs argumentent en toute liberté et les moutazilites vont ainsi s’opposer à un enseignement rigoriste et expliquant les dogmes selon une méthode rationnelle donnant ainsi à la religion musulmane une aisance susceptible de rivaliser avec d’autres idéologies. La doctrine mutazilite affirme deux thèses qui seront contestées violemment une vingtaine d’années plus tard lorsque les juristes salafistes convaincront un nouveau Calife plus faible de les interdire, la non-éternité du Coran : comme tout ce qui est extérieur à Dieu est créé, le Coran, passant par l’audition et la retranscription s’inscrit donc dans l’histoire de l’humanité ; hypothèse en contradiction avec le dogme officiel du Coran incréé puisque c’est la parole de Dieu même. La 2e thèse porte sur le libre-arbitre de l’homme créé comme être responsable et libre, alors que le dogme stipule que tous les actes de l’homme sont accomplis par Dieu…Considérés comme porteurs d’une dérive interprétative, les mutazilites durent s’enfuir en Asie Centrale ou au Yémen où cette philosophie , adoptée plus tard par des chiites, s’est perpétuée malgré les risques. Aujourd’hui le mouvement néo-mutazilite, développé en Tunisie, en Egypte, et dans les universités occidentales reprend force et vigueur et ses adeptes sont parmi les promoteurs intellectuels du Printemps arabe. La défense du libre-arbitre notamment les rapproche de la maçonnerie. Les frères lillois qui baptisèrent leur loge « Averroès » et ceux parisiens, musulmans et non musulmans qui nommèrent leur loge « Emir Abdelqader » ont voulu souligner qu’ils croyaient réellement à un substrat spiritualiste et philosophique commun. 

III Les mouvements démocratiques en Islam

Depuis les indépendances, des démocrates arabes démontent le mécanisme du faux retour aux sources, idéalisant le régime islamique de la première époque, prétendant que sa réintroduction dans nos sociétés modernes pallierait les problèmes socioéconomiques contemporains. Ils nous font ainsi découvrir l’utilisation politicienne de leur religion. C’est pourquoi, le Pr. émérite Ali Mérad souhaite redonner à l’exégèse renouvelée ou « ijtihad » l’importance qu’elle avait au Xe siècle. Le Pr Mohamed Arkoun, récemment décédé, argumente de même dans sa Critique de la Raison islamique (1984). L’historien marocain Abdallah Laroui dans son Islam et Modernité montre que l’Etat islamique à l’état pur n’a jamais existé ; en fait l’Etat sultanien abbasside a soumis la Loi à son intérêt séculier, réservant l’appareil califal au domaine de l’utopie, comme l’avait fait Ibn Khaldoun (XVe siècle) : « L’expression « Etat islamique » est en fait contradictoire en elle-même ». Mohamed Charfi qui fut ministre de l’Education en Tunisie n’hésitait pas à dire publiquement : « L’islam de demain implique que la religion soit conjuguée aux temps de la liberté, de l’égalité et de la démocratie avec la révision du droit musulman que cela nécessite ». Khadija Chérif, militante tunisienne des droits de l’homme, à la même époque (1995), s’exprime ainsi dans la presse : « Pour moi, femme, nos premiers adversaires sont les intégristes. En opposant au régime de la charia une démocratie réelle, nous rendrions impossible la contamination islamique ». L’universitaire marocaine, Fatema Mernissi , avec un grand courage , se moque des salafistes : « Cet intégrisme politico-religieux tourne à l’ubuesque puisque pour les islamistes, si l’on sépare l’islam de l’Etat, plus personne ne croirait à Allah, ce qui voudrait dire que l’islam, sans la police, n’a rien à offrir ! ». Le grand poète syro-libanais Adonis regrattait (08/11/1995) que : « L’Islam se soit transformé dans l’esprit de la plupart des musulmans d’aujourd’hui en chaînes et prisons. » L’espace manque ici pour citer le combat mené dans chaque pays musulman malgré la lourde répression que l’on a enfin pu découvrir sur les écrans télévisés cette année même.

L’image de l’islam en Europe souffre des excès antidémocratiques de ses intégristes qui essaient à nouveau de prendre le pouvoir en 2011 en bafouant le « Printemps arabe ». Des universitaires français comme le Pr Mohammed Ferjani se sont mis en disponibilité pour aller soutenir le réveil démocratique de leur pays d’origine. Beaucoup de citoyens de culture musulmane en Europe souhaitent pratiquer leur religion à titre privé et soutiennent ceux des leurs qui mènent le combat de la démocratie et de la laïcité, qui ne sont pas l’apanage exclusif du Nord méditerranéen mais sont aussi puisés dans le fonds culturel arabo-musulman.


IV-Musulmans francs-maçons du XVIIIe siècle à 2011

Les débuts de l’établissement de la Franc-Maçonnerie au Proche-Orient ont bénéficié de facteurs favorables dès le début de l’Islam. La mise en place de confréries religieuses souvent liées à des corporations de métier a conduit les différents peuples de l’Empire abbasside (VIIIe au XIIIe siècle), puis ottoman (XVe au XXIe siècle) à choisir l’expérience initiatique. C’est à Smyrne , en 1738, qu’est ouverte la première loge de l’Empire ottoman puis la Grande Loge de Londres et la Mère Loge écossaise de Marseille ouvriront des loges à Istanbul, Salonique, puis dans les échelles du Levant. D’autre part, Arméniens et Grecs comme les Turcs, chrétiens comme musulmans seront à égalité dans les loges ; le Sultan qui en 1850 établira par décret l’égalité de tous les sujets sera franc-maçon. Il le paiera de sa vie ! A la fin du XIXe siècle, le Grand Vizir Riza Tevfik , dignitaire bektachi, sera également Grand-Maître du Grand-Orient ottoman. Une loge est créée à Alep en 1738 puis en 1760 ; Au Liban, la première loge émanant du personnel cosmopolite de l’Université américaine, en 1873, est présidée par le Libanais Amine Beyhoum. En Egypte, une première loge était apparue à Alexandrie en 1748 puis Bonaparte introduisit les loges militaires qui initièrent des chrétiens, des juifs et des mamelouks musulmans. Plus tard la loge alexandrine Les Pyramides procéda à l’initiation de l’Emir algérien Abdelqader, en 1864, pour remercier cet important dignitaire de la Confrérie Qadiriyya d’avoir sauvé avec 200 de ses compatriotes plusieurs milliers de chrétiens du massacre effectué à Damas en 1860 par les Turcs et la population locale. En Iran, dès le premier quart du XIXe siècle, des intellectuels, conduits par Mirza Malcom Khan créent des loges qui ne seront fermées qu’en 1979 par le régime mollahcratique. Lorsque Jamaleddine El Afghani, réformateur musulman iranien, initié dans une loge stambouliote se rendra en 1882 à Paris et à Londres, des appuis maçonniques lui feront rapidement rencontrer des universitaires, des savants et des hommes politiques .Comme en Egypte, les premières loges algériennes seront militaires ( Bugeaud, Cavaignac, Pélissier, Chanzy, Lamoricière) puis encadrées par des musulmans, le Saint-Simonien Ismaïl Urbain ou le Général Yusuf. La Tunisie plus cosmopolite aura eu, dès 1773 une loge livournaise ; en 1885, le Grand-Orient allumera les feux de la célèbre « Nouvelle Carthage » qui, depuis une quinzaine d’années, soutient un triangle tunisois.

Aujourd’hui même, les frères (et sœurs) peuvent se réunir à Beyrouth, à Amman et à Rabat. Au Caire les maçons se retrouvent discrètement sous le couvert du Rotary ; les frères algériens ou d’autres pays arabes ne peuvent assister à des tenues qu’en France ou dans le reste de l’Europe. C’est pourquoi les maçons européens libres doivent apporter toute leur aide pour soutenir leurs homologues moins favorisés et qui risquent beaucoup s’ils étaient découverts .C’est que les Saoudiens ont traduit en arabe dans les années 1970 le pamphlet anti-maçonnique de Léo Taxil et le diffusent largement dans la presse quotidienne populaire.
En Orient, longtemps, les artisans adhérèrent à des ordres soufis. Aujourd’hui, toutes les classes sociales se retrouvent dans des confréries. De même des membres de confréries adhèrent à des loges maçonniques, n’y voyant aucune contradiction.

Qu’on se rende bien compte, le citoyen du sud ou de l’est de la Méditerranée qui souhaite entrer en maçonnerie y sera poussé par sa propre culture basée sur la recherche initiatique et de ce fait sera en butte aux attaques des islamistes qui n’admettent ni le libre-arbitre ni le refus de l’endoctrinement dogmatique. Est-il si différent de son homologue du Nord qui, pendant des siècles, aura subi les mêmes contraintes ? D’ailleurs, à Annonay, en 1788, le musulman, qui rejoignit la loge locale, s’était déjà rendu compte que sa pratique du culte n’était pas incompatible avec l’adoption d’un rituel maçonnique.
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Christian Lochon


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