Le Grand Maître Mondial
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Jean-Marc ARACTINGI
Grand Maître Mondial- Al Qutb Al A'Azam
Le Très Sérénissime Grand Maître Mondial du Grand Orient Arabe Œcuménique Jean-Marc Aractingi (33° au REAA,CBCS,7e RO), est ingénieur et diplomate de formation. Ingénieur de l'AgroParisTech (INA-PG), il se spécialise en énergie solaire et complète sa formation d'ingénieur en préparant un DEA en thermique à l'Ecole Centrale de Paris; DEA en développement de l'Université de Paris I- Sorbonne, il est aussi diplômé de 3è cycle en Diplomatie Supérieure du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques de Paris (Ecole Doctorale) et ancien stagiaire à l' Ecole de Guerre ( Anciennement Collège Interarmées de Défense ). Ancien Chargé de cours à l'ISAA ( Ecole d'Application de l'AgroParisTech et de l'Ecole Polytechnique) et à l'Université de Paris VIII et ex- PDG du Groupe ARCORE-SOLARCORE S.A.leader de l'Ingénierie Solaire au Moyen-Orient il est actuellement le président de l'association franco-arabe des diplômés des grandes écoles françaises et conseiller auprès de Chefs d'Etat Africains.
Initié en 1986 au Grand Orient Arabe à l'Orient de Beyrouth ( Liban ), exalté Maître à la Grande Loge de France à l'Orient de Paris, il a été membre correspondant de la Respectable Loge de Recherche Jean Scot Erigène à la Grande Loge de France.
Auteur d'un livre sur les "Peintres Orientalistes", d'un livre sur la Géopolitique "La Politique à mes trousses" (L'Harmattan-Paris) et co-auteur du livre sur les Druzes, Alaouites, Ismaéliens, Confréries Soufies: Secrets initiatiques en Islam et rituels maçonniques paru aux éditions l'Harmattan en 2008.
Il est l'initiateur du Rite Maçonnique Oecuménique ( Judéo-Chrétien-Musulman ), fondé et élaboré en 2010 au 7 degrés que pratique le G.O.A.O.
Les Rituels et Catéchismes de ce RO ont été publiés aux éditions l'Harmattan en 2011 aux 4 premiers degrés
Décors


Tablier du Grand Maître Mondial du GOAO
Sautoir du Grand Maître Mondial du GOAO

Maillet du Grand Maître Mondial du GOAO
Messages
JANVIER 2012
Message du Grand Orient Arabe Œcuménique ( Grande Maîtrise Mondiale ) à l'aube du Premier Printemps Arabe 
M. Mohamed Bouazizi vient d’être désigné, mercredi 28 décembre 2011, personnalité de l’année par le «Times», après avoir reçu à titre posthume le prix Shakarov le 14 décembre 2011: il s’était immolé par le feu le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid en Tunisie. Mme Tawakkol Karman a reçu, avec deux autres femmes, le Prix Nobel de la Paix le 12 décembre 2011 à Oslo: elle se bat toujours sur la place Taghyir à Sanaa en Yémen.
Deux figures comme on les aime bien: un homme se suicide poussé par le désespoir et une femme est récompensée pour sa lutte pour la liberté en général et celle des femmes en particulier. Mohamed a usé de la seule liberté individuelle qui lui restait, Tawakkol continue à se battre pour la liberté des autres.
Nous ne sommes pas sûr que Mohamed ou Tawakkol aient eu le choix entre ces deux formes de combat. Ce qui peut paraître sûr, c’est que le combat pour la liberté collective reste toujours possible, tant que l’être dispose d’espace intérieur pour sa propre liberté de conscience. Lorsque cet univers s’effrite, il découvre souvent qu’il n’a pas les ressources suffisantes pour effectuer ses choix.
Nous arrivons là à la différence fondamentale qu’il y a entre le fait religieux (dans son acceptation ou dans sa négation) et le fait initiatique. Dans le premier cas, on est dans le «vivre ensemble», dans le second cas, on est dans la recherche de ce qui nous «nomme». Une expression comme «libre et de bonnes mœurs» pose d’emblée la complexité des mots utilisés dans une voie initiatique. Elle est complexe, parce que sa construction et sa brièveté ne peuvent que nous renvoyer à des non-dits: veut-on dire par là que notre liberté d’agir ou de penser est modelée par des mythes ou des systèmes auxquels on renvoie l’impétrant ? Que peut-on entendre par «bonnes mœurs» ? Traduite en hébreu, en arabe, ou en japonais, cette expression n’ouvrirait certainement pas les mêmes éventails de non-dits, d’autant plus qu’elle a été écrite en français du XVIIIème siècle.
L’héritage des pays dits arabo-musulmans, fait de traditions hébraïques, chrétiennes et islamiques est l’un des plus riches et des plus complets qui ait pu pousser sur le tronc abrahamique. A part quelques moments fastes de l’histoire où certains grands esprits, notamment à Tolède, ont pu s’essayer à quelques timides synthèses, les pétales de cet héritage commun n’ont pu être que séparément développés au sein de leurs communautés respectives.
La colonisation de ces pays par l’Occident dès le XIXème siècle a provoqué un déséquilibre brutal en défaveur des communautés arabo-musulmanes ou berbères: elles sont devenues «l’indigène» ! En effet, celui qui est né localement (sens étymologique du terme) à l’arrivée des premiers colons est devenu très vite un sous-homme dont on commença à exploiter la terre, la force de travail et le sang dans des guerres ne le concernant en aucun cas.
Les communautés juive et chrétienne existantes à l’arrivée des colons ayant bénéficié de l’effet «d’aspiration» de leurs communautés éponymes au sein des pays colonisateurs, ont, dans la majorité des cas, pris leur distance par rapport à la communauté arabo-berbère. Ainsi, «l’homo indigena» prit définitivement naissance au sein d’un système d’apartheid, dans lequel il reçut des sobriquets, et son burnous, porteur de la fierté des grands cadis de l’Islam, devint la métaphore de sa «sueur».
Il ne fallait pas que l’indigène acquiert un quelconque statut citoyen. La peur de la règle électorale poussa, jusqu’à l’autisme, le système colonial à nier l’humain à cette communauté, et à instrumentaliser sa langue, sa tradition, et sa religion pour mieux la cantonner dans l’ignorance et retarder ainsi sa prise de conscience politique.
La majorité des systèmes maçonniques occidentaux ont tous joué le jeu colonial et ont servi les desseins d’expansionnisme culturel des pays occidentaux. Il n’y pas longtemps encore, une de ces maçonneries installait à grands flonflons un dictateur, fils de dictateur, les pieds sur le Pavé Mosaïque et bredouillant un signe du 2ème degré, comme Grand Maître de la seule et unique Obédience de ce pays.
Bien sûr, lorsque ces pays se seront libérés de leurs régimes, installés et soutenus par les pays occidentaux, et que leurs armées ne seront pas d’abord destinées à enfermer leurs peuples, il y aura de la place pour des systèmes maçonniques. L’on y verra fleurir les VIP des obédiences américaines, anglaises et françaises, comme on les a vus à l’œuvre dans les pays de l’Est après la chute du mur de Berlin. L’on y verra, aussi, les obédiences mixtes et féminines venir apporter leur aide et leur soutien à cette moitié de l’humanité que sont les femmes. Continuant là leur long combat commencé en Occident, dans lequel il n’y a toujours pas de femmes chez les maçons se disant réguliers, ni chez les curés d’ailleurs. Il y aura, aussi et surtout, la naissance de systèmes maçonniques nationaux hyper jaloux de leur indépendance et de leurs prérogatives.
Bien sûr, lorsque ces peuples, à écrasante majorité musulmane et pratiquante, pourront s’exprimer librement, ils voteront pour l’instauration de pays dont la Loi sera laïque. Qu’y a-t-il de plus normal pour un pays «vraiment» démocratique ? Un «vraiment» issu de l’enseignement des Lumières, et se traduisant par le respect sacré des minorités comme celui des majorités, et qui a encore du mal aujourd’hui à passer dans les vieilles démocraties occidentales.
La laïcité n’est pas le refus ou l'acception des religions, c’est la séparation par la Loi de leurs sphères de celle du domaine public. Cette Loi devra, certes, s’adapter à la forme du monde actuel, notamment en ce qui concerne le rôle et la place de la femme.
Qu’en est-il du Grand Orient Arabe Œcuménique (G.O.A.O) dans cette future émergence des pays arabo-musulmans ? A l'instar des créateurs des degrés au XVIIIème siècle, notre Ordre se distingue, tout d'abord, par l'élaboration et la régulation d’un nouveau Rite, appelé le Rite Œcuménique (R.O.). Pour quelques aspects techniques, voir:
http://grandorientarabe.blogspot.com/2011/03/le-rite-cumenique.html
Situé à la croisée des nombreux Rites pratiqués par les différentes maçonneries et systèmes dit de "hauts grades" d'une part, et des Ordres Initiatiques religieux d’autre part, le Rite Œcuménique (R.O.) propose l'extension de la méthode du Rite Écossais Ancien et Accepté (R.E.A.A.) aux mythes transmis par le Coran et à l'herméneutique de la langue arabe.
De même qu'il n'est pas nécessaire d'être juif pratiquant et fin connaisseur de la pratique de la Kabbale hébraïque pour entrer dans les arcanes des degrés du R.E.A.A., il n'est pas nécessaire d'être musulman pratiquant et fin connaisseur de la langue arabe pour entrer dans les arcanes des degrés du R.O.
En ce sens, notre Rite ne s'adresse pas exclusivement aux arabes ou aux musulmans, mais à tout être en mesure de rêver l'univers symbolique commun à la tradition abrahamique (Judéo-Chrétienne et Musulmane). Il concerne, néanmoins, en priorité les pays émergents arabo-musulmans, proposant une méthode d'exploration des mythes fondateurs, reflets changeants et subtils de notre être oublié.
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Jean-Marc ARACTINGI Grand Maître Mondial
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Grand Maître Mondial Adjoint
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La Franc-Maçonnerie arabe joue t-elle un rôle dans les révolutions actuelles du Printemps Arabe ?
Peu présente dans presque tout les pays arabes où elle est interdite (sauf au Liban, en Jordanie et au Maroc), alors qu’elle était omniprésente avant les années 1950 et que ses membres sont derrière le Mouvement de la Nahda au début du 20e siècle, la FM a su, comme tout ceux qui sont à l’origine des révolutions actuelles, faire passer ses messages sur Internet grâce à des sites comme Facebook ou celui du Grand Orient Arabe Œcuménique (1) par exemple.
Cette Obédience a depuis longtemps alerté les régimes arabes que, pour lutter contre l’instrumentalisation de l’Islam, les gouvernements musulmans doivent séculariser le code de la famille, le statut personnel (qui interdit à un non musulman d’épouser une musulmane), l’enseignement public et une grande partie de la jurisprudence liée par la Constitution à la charia. En effet, cette lecture traditionaliste depuis le IXe siècle, applique à une société qui n’existe plus des principes juridiques sacralisés et désuets. Aussi les régimes autoritaires de la plupart des États musulmans imposent à leurs citoyens la momification de la pensée, l’immobilisme des institutions, l’aliénation des droits de l’homme et de la femme, la répression des libertés religieuses (croire ou ne pas croire) et individuelles (accès non censuré aux mass media internationaux et à l’Internet entre autres).
Alors que l’on souligne constamment le danger islamique qui menace l’Europe et le monde libre, pratiquement rien n’est dit des francs maçons qui, malgré un danger permanent dans leur propre pays, essaient de lutter contre l’intégrisme exacerbé de certains de leurs compatriotes. Eux sont à même de démonter le mécanisme de ce faux retour aux sources, prétendant idéaliser le régime musulman des premiers temps de l’Islam et le réintroduire dans nos sociétés modernes comme palliatif de tous les problèmes socio-économiques actuels
En fait, la séparation du politique et du religieux s’est effectuée dès les premiers temps de la propagation de l’islam. Ainsi les califes omeyyades déléguaient à des clercs spécialisés la gestion des affaires religieuses ; les califes abbassides s’en remirent à des sultans d’origine turque ayant pris la tête de mercenaires immigrés pour ce qui émanait du politique en se faisant reléguer dans le domaine religieux ; les sultans ottomans feront de même en créant un corps d’oulémas seuls compétents dans la jurisprudence, les affaires de statut personnel et bien sûr la gestion du religieux.
Cette manière de gouverner se rapproche d’une conception laïque à l’européenne. La laïcité n’est pas le monopole de la civilisation occidentalo-chrétienne car, dit Georges Corm, « les principes essentiels de l’islam ont un contenu libérateur et constituent l’essence de la laïcité ; cette laïcité implique la notion de neutralisation de l’État dans les affaites religieuses mais non la marginalisation de la religion dans la vie sociale. C’est le principe de laïcité qui protège les minorités »(Le Proche-Orient Éclaté , Folio Gallimard 1999). En Irak et en Syrie, le Parti Baath fondé vers 1930 par trois intellectuels syriens, un alaouite, un sunnite, un chrétien orthodoxe, proclamait : « La religion pour Dieu et la patrie pour tous »
Les contestataires actuels des régimes confessionnellement orientés au Moyen-Orient et au Maghreb sont des intellectuels arabes et francs-maçons ; ils ont des projets de société portant sur l’émancipation féminine, la liberté religieuse et bien sûr sur la démocratie. Ils citent le publiciste égyptien des années 1920 Salama Moussa qui disait : « Après avoir chassé les colonisateurs, soumis les exploiteurs, serons nous capables de vaincre le Moyen-âge dans notre vie ? » ; son disciple actuel Mahmoud Al Alem s’écrie à son tour : « Nous pensons toujours avec une terminologie archaïque qui correspond à la vie du désert. »
Mais les francs-maçons arabes, pas plus que les universitaires, ne peuvent s’exprimer dans leur pays. Ainsi du Pr Nasser Abouzeyd, de l’Université du Caire qui publia Critique du discours religieux dont le contenu était dispensé dans ses cours avec un très grand succès ; ses collègues jaloux le traduisirent en justice et sous le prétexte qu’il était devenu apostat, obtinrent du tribunal qu’il soit obligé de divorcer de son épouse, restée musulmane ; le Gouvernement égyptien le recommanda aux structures universitaires étrangères pour qu’il enseigne en Espagne puis aux Pays-Bas avec son épouse hispanisante. Cette hypocrisie générale et le recul des autorités politiques devant les exigences des islamistes poussent les universitaires les plus compétents à l’exil. Le Pr Abouzeyd avait déclaré que la lecture actuelle du Coran est une lecture politique, donc instrumentalisée et viciée par les pouvoirs en place et qu’il était nécessaire d’introduire dans l’exégèse coranique une dimension historique, lexicale, épistémologique, comme cela s’est fait pour la Bible à la fin du XIXe siècle.
Menant un combat similaire, le Pr Mohamed Chérif Ferjani (Université de Lyon II), dans son ouvrage Islamisme Laïcité et Droits de l’homme (L’Harmattan, 1992), réfute les conceptions d’un islam particulièrement antinomique avec la liberté, l’égalité et la laïcité et montre que les obstacles à l’adoption de ces principes dans les sociétés arabo-musulmanes sont de même nature que ceux qu’on rencontre dans d’autres aires culturelles.
Déjà, dans le domaine scolaire, certains États arabes essaient de réformer les manuels d’instruction religieuse qui sont en général très conventionnels, et fermés au dialogue interreligieux ; ainsi le nouveau manuel tunisien de la classe de première (l’enseignement religieux est une matière d’examen dans tous les baccalauréats des pays arabes) souligne la nécessité d’institutions étatiques laïques pour un bon fonctionnement de la société arabe. Ce manuel indique aussi que l’homme naît libre et que la liberté inclut la liberté politique, la liberté de pensée, voire même la liberté religieuse.
Au Liban, on est allé plus loin encore ; des diplômés libanais de l’Université libre de Bruxelles, connue pour sa défense de la laïcité ont créé « l’Association pour un Liban laïque », et ouvert à Beyrouth une « Maison laïque ». Différentes rencontres y sont organisées, activités culturelles et conférences tendent vers un but : promouvoir un État laïque alors que 18 communautés confessionnelles sont reconnues et représentées au Parlement par des députés appartenant obligatoirement à l’une de ces communautés ; le premier résultat obtenu a été la suppression de la mention obligatoire de l’appartenance religieuse sur les registres d’état-civil et les cartes d’identité. Un colloque belgo-libanais s’est déroulé en août dernier sur les thèmes l’Université libanaise entre pluralité et laïcité ou Le mouvement laïc au Liban ; la presse s’en est fait l’écho. Il est vrai qu’au Liban des élèves de toutes confessions fréquentent les lycées de la Mission Laïque Française de Beyrouth, de Tripoli ou de Nabatiyeh (en milieu chiite d’expatriés en Afrique de l’Ouest).
Les femmes commencent également à se mobiliser avec beaucoup de courage ; ainsi une psychiatre syrienne vivant aux États-unis, Wafaa Salman s’était rendue célèbre dans une émission consacrée à la responsabilité de l’islam intégriste dans le choc des civilisations produite par la chaîne populaire du Qatar, Al Jezirah, le 21février 2006. Elle avait été confrontée à un ouléma égyptien qu’elle ne ménagea pas du tout en ces termes : « le choc mondial n’est pas un choc de civilisations ou de religions, c’est un choc entre une mentalité qui appartient aux temps médiévaux et une autre qui appartient au 21e siècle ; c’est un choc entre la liberté et l’oppression, entre la démocratie et la dictature, entre ceux qui traitent les femmes comme des bêtes et ceux qui les traitent comme des êtres humains ». Et elle répliquait à son adversaire qui l’avait traitée d’ « hérétique » : « Je ne suis pas une chrétienne, une musulmane ou une juive. Je suis un être humain laïc, je ne suis pas tenue de croire au surnaturel, mais je respecte le droit des autres à y croire ». Ce débat télévisé suivi par plus de dix millions de téléspectateurs dans le monde entier et repassé en boucle valut à Wafaa de recevoir des menaces de mort. Mais elle persista et elle a créé un mouvement d’opinion qui n’hésite plus à s’exprimer sur la place publique ; d’où la radicalisation d’émules d’Al Qaïda qui ne voient que dans le combat violent la possibilité de freiner l’évolution naturelle d’une société qui renouvelle ses valeurs et exige plus de libertés.
Le Grand Orient Arabe Œcuménique a su attirer vers lui ces intellectuels arabes et son site a vu son audience augmenter de façon significative depuis les révolutions arabes (180.000 visiteurs en 2 ans d’existence et le nombre de tunisiens, égyptiens, syriens, émiratis.. ne cesse d’augmenter (de 300 à 400 visiteurs par jour).
référence: Secrets initiatiques et Rituels Maçonniques de Jean-Marc Aractingi et Christian Lochon, lHarmattan,2008
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Message du Grand Maître du Grand Orient Arabe Œcuménique Jean-Marc Aractingi au nouveau Grand Maître d’origine Arabe Nadim Mansour de la Grande Loge de l’État d’Israël
En ce début de décennie, et après 60 ans de guerres israélo-arabes, nous pensons qu’avec l’élection d’un Arabe comme Grand Maître de la Grande Loge de l’État d’Israël il est de notre devoir entre « Frères » et « Sœurs », et même si à l’intérieur de nos loges la politique est interdite, de « plancher » ensemble sur une solution de paix durable.
La Franc-maçonnerie a été taxée dans les pays arabes d’être au service du sionisme ; ce qui est tout à fait erroné puisqu’elle existait dans ces pays bien avant la création de l’État d’Israël (la première loge à Alep en Syrie dès 1738 !).
Malheureusement quelques erreurs contribuent toujours à justifier cette image maçonnique, comme lorsque le Grand Orient de France admet en son sein une loge sioniste « L’Étoile de la paix » ou quand certains de ses dignitaires abondent publiquement dans ce sens comme lorsque l’historien André Combe prétend que les Francs-maçons français sont tous favorables à l’État d’Israël. Il ajoute que ce serait « pour ces mêmes valeurs de démocratie que la franc-maçonnerie défend, que cette dernière a toujours reconnu la légitimité d'Israël », soulignant que, dans l'ensemble, les maçons français seraient «même tous favorables à l'État d'Israël »
Travaillant loin de ces errements, nous considérons en toute humilité que le GOAO, qui travaille au rite œcuménique (judéo-chrétien-musulman) et dont les Frères et Sœurs appartiennent à ces trois confessions, a un rôle spécifique à tenir dans un dialogue positif et a minima , dans un esprit maçonnique de liberté, d’égalité et de fraternité, avec nos Frères et Sœurs israéliens.
Nous interpellons donc le Grand Maître de la Grande Loge de l’État d’Israël pour nous éclairer sur ce qui entrave, du coté israélien, les propositions suivantes :
1) Un retrait complet d’Israël des territoires arabes occupés depuis 1967, y compris le retrait complet des Hauteurs du Golan syrien et les secteurs demeurant occupés au sud Liban, jusqu'aux limites existantes le 4 juin 1967.
2) D’accepter de chercher un accord et une solution juste au problème des réfugiés palestiniens, conformément à la résolution 194.
Cette résolution 194 adoptée le 11 décembre 1948 par l’Assemblée générale des Nations unies , décide, à la suite du départ de centaines de milliers de Palestiniens : « qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent, de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommagé lorsque, en vertu des principes du droit international ou en équité, cette perte ou ce dommage doit être réparé par les gouvernements ou autorités responsables. »
3) D’accepter un État palestinien indépendant et souverain sur les territoires palestiniens occupés depuis le 4 juin 1967 en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
4) D’accepter que Jérusalem soit une Capitale Œcuménique, qu’elle soit déclarée Internationale et mise sous l’égide des Nations Unies (Puisque les trois religions du Livre la revendique).
En contrepartie, les États arabes doivent s’engager :
1) À considérer le conflit arabo-israélien comme terminé et aller vers la conclusion d'un accord de paix avec Israël, afin de consolider cette situation.
2) Obtenir une paix totale pour tous les États de la région.
3) Établir des relations normales et diplomatiques, dans le contexte d'une paix totale avec Israël.
Vœux pieux ! Beaucoup ont essayés avant, mais qui sait peut être que la Fraternité universelle entre des Francs-maçons libres pourra faire avancer les choses.
Novembre 2010
Message de Jean-Marc ARACTINGI, Grand Maître (33°) du Grand Orient Arabe, aux Francs-Maçons des Pays Arabes et Musulmans à l'occasion du 60ème anniversaire de son Obédience.
Mes très chers sœurs et frères,
Tout d'abord, je tiens en cette année 2010, à vous adresser mes meilleurs vœux. Puisse cette année vous apporter, ainsi qu'à tous les vôtres, ces bonheurs et ces joies qui éclairent la vie. Puisse-t-elle aussi être pour le Monde Arabe et Musulman une année de Liberté, d'Egalité, de Fraternité et de Démocratie qui nous rassemblent.
Implantée dans une région frappée par la guerre et le terrorisme et profondément divisée politiquement et religieusement (Liban, Syrie, Palestine), notre Obédience qui fête cette année 2010 ses 60 ans, a su à travers ses loges (qui rappelons-le constituent un oasis de paix et de tolérance où les hommes de bonne volonté transcendent leur différences), défendre ces principes souvent au péril de la vie de ses membres.
Notre Obédience a été aussi précurseur dans des domaines qui font actuellement débat, aussi bien dans le monde maçonnique que profane, comme l'admission des femmes dans les loges, le dialogue interreligieux, la laïcité.
En effet, alors que nous constatons qu'à ce jour les femmes ne sont pas admises au Grand Orient de France et autres Obédiences, nous avons, au risque d'être considérés comme une Obédience « irrégulière », opté, dès notre fondation en 1950, pour la mixité de nos membres, cela par principe d'Egalité et de Démocratie.
Œcuménique, nous avons appelé depuis notre fondation au dialogue interreligieux. Les trois
grandes religions monothéistes étaient représentées dans nos différentes loges (nos Frères de confession juive, pour des raisons circonstancielles - conflit avec Israël, guerre du Liban.- ont dû finalement émigrer vers d'autres pays).
Je rends ici hommage aux Frères et Sœurs de nos loges au Liban qui durant la guerre civile ont contribué à préserver l'entente Islamo -Chrétienne.
A ce sujet j'aimerais vous faire part d'un mail que j'ai reçu d'un ancien frère de mon Obédience :
« En navigant sur Internet je tombe sur le site du Grand Orient Arabe et trouve le nom de feu Elie Nour qui fut notre GM durant les années 1976/1977 à Beyrouth (Achrafieh/Fassouh). La guerre et les événements nous ont éloigné et nous avons du prendre le chemin de l'immigration au Canada ou nous sommes établis depuis. Feu Elie était pour nous une lumière dans le sens que l'idée du rapprochement Musulman/Chrétien était à l'époque non seulement saugrenue mais je dirais aberrante compte tenu de la situation dramatique qui existait. Je le regardai parler de la fraternité qui devait exister entre les Musulmans/Chrétiens et il en était tellement convaincu qu'il finissait par convaincre les autres frères réticents (et pour cause..).
Depuis 1977/1978 je n'ai plus eu de ses nouvelles et c'est sur votre site que j'apprends qu'il a passé à l'Orient Eternel, que son âme repose en paix, et je peux dire que s'il y avait un peu plus de Elie Nour au Liban on aurait épargné toutes les atrocités commises durant 30 ans.
Je suis profondément content de savoir que tu continues à tenir la chandelle.. ».
Par ailleurs, nous avons été à l'avant-garde du combat mené au Liban pour l'établissement du mariage civil, et il est impératif pour nous de poursuivre ce combat jusqu'à son aboutissement.
Dans le même esprit nous réclamons la laïcité des Etats auxquels nous appartenons. Ceci n'est pas en contradiction, comme certains qui confondent laïcité à athéisme pourraient le croire, avec nos valeurs religieuses (Notre Obédience est connue aussi sous la dénomination « Obédience Chrétienne-Musulmane »).
On peut être croyant et pratiquant et se réclamer d'un Etat laïque ou chaque religion a sa place dans la société, sans pour autant que cette dernière interfère dans les affaires de l'Etat (exemple la France). Ceci évitera les différentes guerres de religions auxquelles nous assistons périodiquement dans notre région.
On nous taxe souvent de nous mêler de la politique de nos Etats respectifs, alors que dans nos loges il est strictement interdit de parler de religions et de politique.
Ceci n'est pas incompatible, puisqu'en qu'en dehors de nos loges, rien ne s'oppose à ce qu'on fasse de la politique, bien au contraire. Qui mieux qu'une loge maçonnique peut former les meilleurs Politiques ?
En effet, je crois que la Franc-Maçonnerie en est la meilleure Ecole.
Pour nous, initiés, le fait de respecter le point de vue des autres, de les écouter en silence, de ne pas prétendre qu'on détient la seule vérité, nous amène dans les réunions politiques à garder une attitude digne, à parler sans hostilité et sans rancune à nos contradicteurs.
Notre région souffre de manque de Justice, de Liberté, d'Egalité, de Démocratie, des Droits de la femme.. et la liste est longue.
C'est pourquoi, j'estime qu'il faut replacer la franc-maçonnerie au Moyen-Orient et au Maghreb dans sa lutte pour les idéaux que nous défendons, comme l'ont fait nos anciens Frères au temps de la « Nahda », ce mouvement de Renaissance des Pays Arabes et des luttes d'Indépendance.
Il s'agit pour nous d'éviter de s'accoutumer au rôle uniquement social ou caritatif où certains dirigeants et autres voudraient nous cantonner.
Afin de mener à bien ces différents objectifs, il serait temps de faire le grand nettoyage des Obédiences et Loges, déjà entamé au Liban par certains de nos anciens Frères, en fusionnant et en rajeunissant nos membres. Notre Obédience par exemple est en majorité composée de sexagénaires et le nombre d'Obédiences et de Loges au Liban est impressionnant (on compte actuellement 2500 Francs Maçons libanais appartenant à plus de 250 loges).
De plus pour être crédible, il faut aussi que l'admission à l'initiation soit très stricte, retrouvant ses principes d'origines, refusant tout clientélisme et affairisme, tels qu'ils se pratiquent couramment aujourd'hui dans plusieurs de nos Obédiences et Loges.
Aux Frères et Sœurs des autres Pays Arabes et Musulmans qui subissent l'intégrisme musulman et à qui on interdit d'avoir des loges dans leurs pays respectifs, alors qu'il y a peu de temps, avant la création de l'Etat d'Israël, ils constituaient les élites et les équipes dirigeantes, ils ne doivent pas perdre espoir.
En effet, nous voyons se constituer des groupes d'émigrés originaires de ces pays, qui se manifestent sur Facebook et autres lieux de rencontres, appelant au ré-allumage d'anciennes loges ou à l'ouverture de nouvelles, même si dans un premier temps, elles restent discrètes et secrètes.
Je ne peux que les encourager et c'est en partie pour cela que j'ai créé, en Février 2009, le site d'Etude et de Recherche sur le Monde Maçonnique Arabe et Musulman du Grand Orient Arabe : le www.grandorientarabe.org , qui se veut être la vitrine de cette franc-maçonnerie.
Ce site connaît un succès indéniable, puisque le nombre d'internautes qui sont connectés quotidiennement et de fans sur Facebook est en constante progression (plus de 60.000 internautes en un an et plus de 700 fans sur Facebook).
Ces chiffres ne peuvent que me réconforter dans la poursuite de cet objectif.
A Paris en Novembre 2010, pour les 60 ans de notre Obédience, j'appelle à l'organisation d'un colloque qui regrouperait les Obédiences et les Loges des Pays Arabes et Musulmans et autres « Frères », afin de faire le point sur la franc-maçonnerie dans cette région du monde.
J'aurais besoin pour cela de vos idées que vous pouvez me donner en écrivant à : info@grandorientarabe.org
Enfin mes voeux vont à mes Frères Palestiniens qui dans leurs différentes loges travaillent inlassablement depuis des années pour qu'un accord de paix équitable avec les Israéliens, basé sur les principes que nous défendons, voie le jour. Nous sommes à leur disposition pour les aider dans cet objectif.
Incha'Allah que l'An 2010 soit l'Année de la Paix et de la Fraternité entre les peuples de cette terre, berceau du Judaïsme, du Christianisme et de l'Islam.
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