DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Strict//EN" "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-strict.dtd"> Loge Khalil GIBRAN (Paris) » Grand Orient Arabe Œcuménique: Site administré par le Grand Maître Mondial Jean-Marc Aractingi

Loge Khalil GIBRAN (Paris)


      


Le Grand Orient Arabe Oecuménique" Grande Maîtrise de France" est une Obédience Maçonnique Française d'Etude et de Recherche

SIT
 
E : https://sites.google.com/site/orientarabe/




Respectable Loge Khalil GIBRAN à l'Orient de Paris - 92240 Malakoff

Dates des Tenues pour le 1e Semestre 2016 
(Déjeuner - Agapes)

Sous le Vénéralat de la Soeur Lydia Aractingi 


Dimanche 17 Janvier 2016 de 10h à 18 h 
Dimanche 7 Février 2016 de 10h à 18h 
Dimanche 3 Avril 2016 de 10h à 18h
Planche ; Symbolisme de la Croix chez les Rose + Croix



Dimanche 22 Mai 2016 de 11h à 17h 

Planche : Ordres et Sectes en Algérie

Dimanche 19 Juin 2016 de 10h à 18h
 



Pour tous renseignements écrire à : logegibran@orange.fr
Téléphone : à partir de l'Etranger 0033785180410
France : 0785180410

La Loge de Recherche Khalil GIBRAN est une Loge Maçonnique Française qui a obtenue sa Patente de Consécration le 17 Mars 6011 du Grand Orient Arabe Œcuménique .
Mixte , elle pratique le Rite Œcuménique (Juif-Chrétien-Musulman ) ( voir Page Rite  Œcuménique )

Composée d'une quarantaine de FF:. et SS:. , elle tient ses Tenues les Dimanches ( Une fois par mois ).

Par ailleurs, elle organise chaque deux mois des Conférences à Paris sur l'ésotérisme musulman, chrétien, kabbalistique et son analogie avec la Franc-Maçonnerie.
Cette page est donc destinée principalement à fournir des informations aux Profanes sur les travaux de la Loge de Recherche Khalil GIBRAN à travers les planches des FF:. et SS:. ainsi que sur ses recherches sur la vie et l'oeuvre de Gibran Khalil Gibran, dont elle porte le nom.
Elle se veut également un point de contact et de communication destiné aux Frères  et Soeurs membres de la Franc-Maçonnerie.
Le contenu est représentatif de l'esprit et du travail effectué au sein de la Loge de Recherche Khalil GIBRAN.
Votre avis, vos critiques ou vos suggestions sont les bienvenues et peuvent être adressées au :
 
Vénérable Maître en Chaire Soeur Lydia Aractingi
Adresse Mail : logegibran@orange.fr


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 Pourquoi un nouveau Rite Maçonnique?

Il est un constat désolant pour des adeptes d'une fraternité universelle, c'est que peu de Français,ou d'Européens, de confession musulmane fréquentent les loges maçonniques, toutes obédiences confondues. Il y a, d’après nous, trois raisons principales a cela : La première est relative à l’idée qui a véhiculée assez longtemps et héritée du 19e siècle au temps de « l’Affaire Dreyfus » qui est celle du « Complot Judéo-Maçonnique ». Cette idée soutenue encore par une certaine catégorie de gens consiste à faire attribuer aux juifs et aux francs-maçons tous les maux de notre société : immigration incontrôlée, pertes des valeurs morales, délinquences etc.. Dans ce schéma, le juif serait à l’origine de la délinquence morale en introduisant dans la politique cette tendance de « cosmopolitisme » et le franc-maçon, quant à lui, ourdirait dans la pénombre des loges, un complot permanent contre la République. La seconde est liée à la création de l’Etat d’Israël. Là, la franc-maçonnerie est taxée d’être sioniste ayant des racines juives. Les intégristes musulmans n’hésitent pas, d’ailleurs, à la montrer comme anti-islamique en disant que c’est « une institution juive et sioniste qui glorifie le judaïsme ». La troisième, et la principale à nos yeux, c’est les rituels pratiqués dans les loges . En effet ces rituels rappelent pour la plupart d’entre eux les histoires bibliques, le Talmud et la Kabbale. Ce qui fait dire à certains que la « franc-maçonnerie est l’enfant du judaïsme ». En effet, la tradition biblique et hébraïque est très présente en loges, et ce qui ne manque pas de frapper le nouvel apprenti, c’est l’abondance des mots hébreux et des références à l’Ancien Testament, comme par exemple, le personnage d’Hiram qui est tiré de la Bible ; les décors des loges qui ont des évocations bibliques ; les deux colonnes à l’entrée de la loge (Yakin et Boaz) sont des répliques des colonnes du temple de Salomon, etc… On trouve aussi les mêmes préoccupations bibliques au cours des « planches » (travaux) dans les loges. Ces travaux donnent lieu, comme on le sait, à de subtils débats. Il y va de même pour le nom de certaines loges, qui ont bien souvent une consonnance biblique : « Fraternité de Salomon », « l’Arche d’Alliance », « la Nouvelle Jérusalem » etc.. Tout cela provient de l’influence protestante du Pasteur Anderson, le fondateur de la Constitution de la franc-maçonnerie moderne. Anderson était fasciné par l’hébreu et a transmis ses références bibliques à la franc-maçonnerie. Le goût du symbole, la multiplicité des mots hébreux, sont autant de caractéristiques héritées du protestantisme et de l’influence du judaïsme sur cette dernière. Quant à l’influence Chrétienne, elle aussi détient une grande place dans les différents rituels surtout dans les hauts grades. 

Rien ne vient donc conforter le regard du musulman, ou tisser un lien avec son passé, son histoire sociale et religieuse.
Le Rite Œcuménique imaginé par le  Grand Maître Mondial du Grand Orient Arabe Œcuménique (G.O.A.O.) Jean-Marc ARACTINGI, loin de renier ses origines, se fonde sur le Rite Ecossais Ancien et Accepté dont il conserve toute l'architecture mais s'inspire de l'ancienne maçonnerie musulmane opérative, au même titre que des branches initiatiques de l'Islam ( Soufis, Druzes et Ismaéliens).Il fait toujours appel aux symboles et références communs au judéo-christianisme, mais emprunte également à la symbolique musulmane ( comme, par exemple, des signes de reconnaissance, une symbolique des couleurs ou du voyage initiatique du Prophète ). 
Il est évident que pour Jean-Marc ARACTINGI qui a imaginé ce Rite , il ne s'agit pas de "greffer" uniquement un élément oriental sur une franc-maçonnerie de forme initiatique occidentale.
Ainsi dans les "ARCANES" du Rite Œcuménique ( non encore publiées) , l'organisation initiatique des différents degrés ne sont pas "un mélange de formes traditionnelles" mais un corpus herméneutique bien structuré et cohérent autour des mythes, rituels et de la symbolique du REAA et de celles des "Battiniyins"( Soufis,Ismaéliens, Druzes,Alaouites..).

Le Rite Œcuménique est composé de 7 Degrés:

-  Le 1° degré ( Apprenti/Mubtad'i ) est l'équivalent du 1° degré du REAA
-  Le 2° degré ( Compagnon/ Mouqadem) est l'équivalent du 2° degré du REAA
-  Le 3° degré ( Maître/Nassib) est l'équivalent du 3° degré du REAA
-  Le 4° degré ( Maître Secret/Saïs)= Vénérable) est l'équivalent du 4° degré du REAA

Ces 4 premiers degrés permettent aux FF:. et SS:. de pouvoir " Voyager " dans d'autres Obédiences avec la même équivalence.

Les 3 derniers degrés du Rite Œcuménique sont les "ARCANES" du Rite et se structurent de la façon suivante:

-  Le 5° degré ( Chevalier Rose-Croix/Naqib) est l'équivalent du 18°degré du REAA
-  Le 6° degré ( Chevalier Kadosch/Cheikh Aql) est l'équivalent du 30°degré du REAA
-  Le 7° degré ( Souverain Grand Inspecteur Général/ Kabrit el Ahmar) est l'équivalent au 33° degré du REAA
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Règlement intérieur de la Respectable 
Loge Khalil GIBRAN.

 

Trois la forment, Cinq l’éclairent, Sept la rendent juste et parfaite.

 

 De la Loge.

Article premier :

La R :. L :.Khalil GIBRAN est un atelier maçonnique œcuménique mixte régulièrement constitué le 17 e jour du mois de Mars 6011 à l’orient de Saint Cloud ( Paris ) .

La Loge a pris le nom de GIBRAN pour distinctif. Elle veut œuvrer à la gloire du Grand Architecte de l’Univers dans l’acception abrahamique, voire laïque du terme, qui représente la justice et la vérité même, source des piliers de la Sagesse, de la Beauté et de la Force.

Article deuxième :

La Loge a pour but de favoriser l’harmonie entre ses membres ; leur perfectionnement moral, spirituel et intellectuel ainsi que l’exercice constant des vertus maçonniques. Chaque Frère ou Sœur, et particulièrement les plus élevés dans le cours de l’initiation maçonnique, s’efforcera de réaliser l’universelle bienfaisance et la loyauté en toute occasion.

Elle travaille selon le rite œcuménique du G.O.A.O. auquel elle appartient, et en pratique scrupuleusement les rituels pour les trois degrés symboliques. Elle adhère aux règlements et reconnaît la juridiction des organes directeurs du G.O.A.O.

Le présent article ne pourra être supprimé ni modifié. Toute altération sans l’accord express et écrit du T.R.G.M. entraînerait sa nullité ou la dissolution de l’Atelier en cas d’unanimité réformatrice.

Article troisième :

L’Atelier travaille en loge de réception ou d’études et de recherches, aux trois degrés symboliques. Les « planches » imposées ou volontaires, qui auront reçu l’assentiment des maîtres, devront être conservées sous la responsabilité du (de la) Vénérable ou du secrétaire de la Loge.

 

Article quatrième :

Nul membre de la Loge n’est éligible de fait à aucune espèce de fonction obédientielle. Ses représentants permanents auprès des autres loges, obédiences, Puissances Maçonniques diverses comme au cours de Convents éventuels seront, avec l’approbation du T.R.G.M. : le (la) V :. M :. en exercice qui peut éventuellement se faire assister d’un ou deux autres membres de son choix parmi les Officiers.

Article cinquième :

L’agrégation d’un nouveau membre à la Loge se fait par initiation ou affiliation et confère de suite la plénitude des droits et devoirs que reconnaît l’Atelier à ses membres selon le grade. Notamment, ils doivent une assiduité stricte et une capitation entière même s’ils sont membres d’une autre loge. Trois présences consécutives d’un visiteur signifient de facto une demande d’affiliation. La Loge statue, mais pour ce qui concerne un Frère ou une Sœur (reconnus comme tels) extérieur au G.O.A.O., elle devra ordinairement procéder comme avant l’initiation d’un profane. C'est-à-dire que sauf dérogation du (de la) V :. M :. ou du T.R.G.M., la procédure de l’enquête et de l’interrogation en loge sera respectée.

 

Article sixième :

Après un entretien avec le (la) V :. M :. et un autre Frère désigné par celui-ci, ainsi qu’un passage sous le bandeau au cours duquel seront posées au minimum les questions prévues par le Rituel, les Maîtres se prononceront. Le vote des deux tiers est nécessaire. Si un Frère ou une Sœur, quel que soit son grade, connaissait une raison incompatible à la réception qu’il ne puisse exposer publiquement, il devra en faire part au (à la) V :. M :. ou à l’Orateur. Seront alors délégués les deux plus anciens Maîtres de la Loge (en dehors de l’Officier prévenu) pour vérifier le bien fondé de cette opposition.

Article septième :

Le (la) parrain (marraine) du candidat ou de la candidate devra rappeler à la Loge qu’il respectera les obligations prévues au présent règlement, et qu’il est entièrement responsable devant elle des faits et gestes du (de la) candidat(e) durant une année pleine.

Article huitième :

Les tenues régulières et obligatoires ont lieu 1 fois par mois, en conséquence il ne sera pas forcément adressé de convocations écrites ou téléphoniques, sauf pour la reprise des TT :. après les vacances annuelles. Trois absences non excusées entraînent systématiquement une enquête et la question de l’exclusion en Loge de Maîtres. Une absence justifiée est excusée si elle est accompagnée de l’obole due au Tronc de la Veuve et, éventuellement selon l’organisation de la Loge, de son écot aux agapes.

Article neuvième :

Les capitations dont le montant est fixé chaque année, doivent être versées, sauf dérogation expresse, pour début décembre. La capitation pour l’entrée d’un nouveau membre est versée le jour même de son admission. Elles sont versées au (à la) V :. M :. qui en transmet la totalité au Grand Trésorier pour l’enregistrement comptable et la conservation.

 

Des apprentis

Article dixième :

Les apprentis n’ont jamais droit à la parole en Loge sans en être sollicité par le (la) V :. M :. Ils présenteront un travail oral de 15 à 20 mn maximum sur un sujet imposé par le (la) V :. M :.

Sauf dérogation du T.R.G.M., ils ne peuvent solliciter leur passage au degré supérieur avant une année de présence assidue.

 

Des compagnons et Maîtres

Article onzième :

Ils ont les mêmes obligations que les Apprentis, mais ils peuvent prendre la parole par l’intermédiaire de leurs surveillants respectifs. Toutefois, ils doivent en plus donner l’exemple des vertus maçonniques. Enfin, les agrégations, modifications du règlement (aux 2/3) et les élections sont réservées aux Maîtres.

Tous les votes ont lieu à main levée, sauf pour les élections. Il n’y a pas d’abstention et un vote négatif doit être expliqué.

 

Des Officiers

Article douzième :

Ils sont définis par le Rituel Œcuménique. Ils sont élus pour un an et le (la) V :. M :. peut faire des propositions aux Maîtres de la Loge. Ce mandat d’un an est renouvelable autant de fois que nécessaire, dans la limite de six ans. Ils secondent le (la) V :. M :. dans la direction de l’Atelier. Ils l’éclairent de leurs conseils.

Les surveillants proposent le passage de leurs FF :. dans la classe supérieure. Le Collège des Officiers est convoqué une fois par trimestre, une réunion qui peut avoir lieu juste avant une tenue régulière. Un Officier ou un Maître peut y demander un débat s’il en précise par avance l’objet mais, à la discrétion du V :. M :., le débat peut avoir lieu le jour même s’il est mineur ou urgent.

Les questions de gestion et d’administration n’entraînant pas de frais exceptionnels sont réglées par le V :. M :. et le ou les Officiers concernés, éventuellement assisté du (de la) Grand Maître Provincial.

 

Du Vénérable Maître

Article treizième :

Le (la) V :. M :. est le chef de la Loge. Il (elle) est élu(e) pour trois ans, renouvelable une fois. Il (elle) est cependant rééligible à nouveau  après le vénéralat d’un(e) autre Frère ou Sœur.

Une instance maçonnique supérieure à la Loge à laquelle appartient le Vénérable Maître en exercice, ainsi que les passés V :. M :., est constituée de FF :. et SS :. aux grades supérieurs. C’est l’organe de contrôle et d’appel de la Loge. Ses décisions concernant l’Atelier doivent être cependant ratifiées par les Maître dudit Atelier. Cet organe peut faire des remontrances au V :. M :. en exercice et même proposer sa déposition.

En cas d’incapacité du (de la) V :. M :. élu(e), celui-ci (celle-ci) est remplacé(e) dans toutes ses prérogatives par le (la) passé(e) M :. immédiat(e). Passé six mois, il est procédé à de nouvelles élections.


De l’exclusion

Article quatorzième :

La Loge des Maîtres peut suspendre pour deux mois un Frère ou une Sœur, ou l’exclure. La radiation ne peut être votée et prononcée seulement après que l’intéressé(e) se soit expliqué(e) publiquement. Dans cette optique il peut, ce qui est souhaitable, se faire défendre par un Maître de la Loge. S’il néglige de se présenter à la convocation, il sera statué sur son sort en son absence.

 

« L'indépendance des Loges et la souveraineté des Maîtres s'affirment dès la fondation de l'atelier. Celui-ci se constitue de par la volonté des Maîtres qui se sont unis en vue de la création d'un nouveau foyer de vie maçonnique. Ces Maîtres exercent en cela un droit imprescriptible de la Maîtrise et ce sont eux qui légitiment la Loge qu'ils fondent, sans qu'ils aient d'autorisation à solliciter de personne. » (Oswald Wirth - Le Livre du Maître) 

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Planches :

TENUE DU 3 Avril 2016

« Symbolisme de la Croix chez les Rose+Croix » - 


Introduction

Vénérable Maitre et vous tous mes Frères et Sœurs en vos grades et qualités****Introduction

«Dans le Pymandre, il est rapporté comment Trismégiste entendit en rêve une voix qui lui disait : « Je suis Pymandre, pensée de celui qui est de par Soi. Je suis ce que tu veux et suis partout avec toi. Tout ce que tu désires apprendre je te l’enseignerais...Cette lumière c’est moi, ta pensée, ton Dieu, et le verbe de Dieu est le fils de Dieu... » Le monde est une expression divine et non une image. Dieu n’est pas représenté, mais traduit par l’univers, par les signes célestes, par les secrets de la nature,Par l’Intelligence ! »(« Aux Sources de la Rose+Croix - Mystère d’une tradition ésotériqueClaude DELBOS -Editions DETRAD.)Chez un chrétien, lorsque l’on prononce le mot « Croix » il est par réflexe, associé en priorité au personnage de Jésus, quoique cependant l’objet « croix », en ses diverses structures, soit de fait un symbole qui nous vienne du fond des âges. La plus ancienne croix en marbre retrouvée en crête date de 15 siècles avant le Christ. Si bien que la croix offre en son symbolisme préchrétien bien d’autres formes et interprétations. Globalement on insiste sur l’évidence de sa structure de quatre éléments visibles, qui la constitue, révélant un certain rapport au nombre 4, correspondant aux quatre points cardinaux, augmenté du point de jonction central des deux axes, le centre donc. L’évidence d’un croisement entre ciel et terre, idée d’unification. Ainsi René Guénon affirme-t-il : « La croix est symbole de la totalisation spatiale, union des contraires... » Est-il intéressant aussi de signaler qu’en Egypte antique la croix « Ankh » ornant une divinité rappelait et confirmait son immortalité, tandis que portée par un simple mortel, elle signifiait son désir d’immortalité, (Tout à fait comme en notre société actuelle : selon que vous soyez riche ou misérable !) Elle pouvait être aussi considérée comme symbolique d’union amoureuse ou sexuelle, relative au couple Isis-Osiris. Et puis pour clore ce tour d’horizon rapide, je veux juste énumérer quelques autres aspects fort intéressants, liés plus ou moins à cette même croix : dans l’ancien testament l’idée de la croix se profilait en l’échelle de Jacob, où montaient et descendaient les anges, lien donc entre terre et ciel. Egalement  l’arbre de vie du jardin d’Eden où poussent les fruits de la connaissance universelle, et aussi le caducée, qui est une sorte de croix encerclée de deux serpents en laquelle on peut y déceler le même mouvement ascendant et descendant, relatif à l’idée alchimique d’union des contraires, c’est là aussi un symbole proche. 

Chapitre1

Il faut bien considérer, dès lors, que le symbolisme de la croix chez les Rose+Croix, justement, a certes des spécificités, mais s’inspire également plus ou moins visiblement, d’autres symbolismes anciens, sa caractéristique essentielle résidant en son appellation « Rose et Croix ». Donc qu’en est-il de la Rose tout d’abord ? En cela on ne peut que constater l’appartenance non dissimulée des initiés à la Rose+Croix, les Rosicruciens, à la double mouvance  chrétienne et judaïque si l’on considère justement l’importance du symbolisme de la rose inclus et récurrent en le Cantique des cantiques : « Mon bien-aimé est à moi et je suis à lui ; il me fait paitre dans les roses etc.... » Il y revient ainsi en allusions diverses de nombreuses fois, la rose étant pour les kabbalistes un symbole d’Israël. Ainsi que ces mêmes kabbalistes, Rabbi Abba compare l’univers à une rose qui ne subsisterait que par le parfum. Voici donc pourquoi dans Zohar-Livre II, Rabbi Abba décrit le parfum de cette rose comme étant Dieu lui-même, qui guide par sa rigueur (les épines), et sa clémence (l’Amour). Le parfum émanant de la rose étant perçu comme l’âme immortelle, l’essence divine en chacun des êtres humains, d’où la citation : « Quand vos péchés (vos erreurs) sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige pure... » Ce qui signifie que l’humain offre son sacrifice au feu qui est rouge ; il ritualise autour de l’autel des aspersions avec le sang, rouge également, symbole de la rigueur, (relative à la souffrance). Le sacrifice consumé, la fumée blanche s’élève, le rouge étant alors transmuté en blanc, la rigueur en clémence (facteur de bien être, paix, amour, etc.). Ainsi peut-on comprendre mieux  déjà la symbolique de la rose, qui chez les Rose+Croix, est placée au centre de la croix, tel le cœur, central au corps de l’humain. L’Ecole de la « Rose+Croix d’Or » actuelle, considère trois couleurs à cette rose : Blanche pour la purification, rouge pour le sacrifice par l’amour, et d’Or (AOR : Lumière), pour l’accomplissement. Elles sont elles-mêmes en harmonie avec les couleurs des œuvres alchimiques, hormis le noir qui n’y figure pas, mais est-il vraiment couleur, le noir, puisque obscurité sans lumière? On constate bien ici le rapport suivant : L’œuvre au blanc : purification, l’œuvre au rouge : sublimation de l’amour pour obtention de l’Or alchimique. Rapport également au Phénix, symbole d’immortalité de l’âme voyageant à travers les incarnations, seule la conscience impersonnelle restant  identique. Les Rosicruciens, en général, comparent leur Rose+Croix au corps de l’homme : la lumière solaire illuminant le corps humain, dressé verticalement,  jambes groupées et bras tendus, la face de l’homme inondée par la lumière du soleil. Le corps faisant ainsi obstacle à l’onde lumineuse, produit l’ombre ténébreuse vers son arrière, symbolisant le passé temporel qui est derrière soi, de fait déjà franchit et délaissé. L’être humain étant de la sorte en marche à l’avant, vers l’intemporel qui est vie éternelle, hors du temps, donc, ce temps qui est relatif à la durée et la finitude, la mort, par conséquent. Enfin peut-on aussi considérer l’analogie entre le cœur humain et le centre de la croix, qui symbolise l’unification de l’homme et du principe Divin, relatif au concept  d’ « individuation » de Carl Gustave JUNG, en regard des relations pacifiées « subconscient/conscient », atteignant ainsi l’évolution salvatrice du « Soi », ce qui correspond, en finalité, à l’aboutissement de la maturité accomplie de l’individualité totale et rayonnante de l’Être.

Chapitre 2

Les anciens Rosicruciens de l’Ordre de la Rose+Croix n’avaient en aucune manière la possibilité légale de se parer du dénominatif : « Rose+Croix », qui est l’état réellement acquît de la vie intemporelle, vie accomplie de l’esprit où le cheminant s’est stabilisé enfin en cette élévation de la Rose+Croix : Adepte Réalisé donc, n’ayant plus existence matérielle en l’espace temporel planétaire! De nos jours la Rose+Croix se présente sous l’aspect symbolique d’une croix dorée ayant en son centre une rose rouge, cette composition représentant effectivement le corps de l’homme en la croix, et la rose symbolisant son âme en voie d’évolution. Ainsi pour les Rosicruciens convaincus la croix est-elle comme on l’a compris déjà, le moyen physique de communiquer avec les plants divins, célestes, permettant à la rose/âme d’éclore. En un certain parallélisme avec l’iconographie chrétienne, cette rose rouge sur la croix prend une signification proche de celle de la croix chrétienne, étant souvent associée au Graal, à la passion et la résurrection du Christ, et autres aspects de renaissances. En un mouvement parallèle, l’Ecole Gnostique de la Rose+Croix d’Or (actuelle) précise : « La rose est le symbole de l’étincelle spirituelle en l’homme, provenant de la source originelle de toute chose, soit l’Esprit divin. Elle est le cœur spirituel de notre microcosme et coïncide avec notre cœur biologique. C’est pourquoi les Rosicruciens parlent de la « Rose du Cœur », encore en bouton chez la plupart des hommes, mais qui peut un jour si nous le désirons, s’épanouir en nous. Ce symbole de la croix est donc l’Homme lui-même... Symboliquement, la branche horizontale représente notre nature temporelle, qui va son chemin de la naissance à la mort. La branche verticale représente elle, notre  dimension éternelle qui, à partir de la terre peut s’élever jusqu’aux plus hauts mystères divins. Dans le nom Rose+Croix est donc caché tout un processus : là où se croisent le temps et l’éternité, peut refleurir en l’Homme la Rose d’immortalité, qui est aussi la « Pierre des sages » des alchimistes d’où jaillira la « Force originelle » capable de transmuter la nature en « Or de l’Esprit »... » J’ajouterais, sans vouloir trop m’étendre, une simple mention pour situer le nombre quatre, soit la quaternité : « Cercle, Triangle, Carré, Point », synthétisée en un tracé logique bien connu, figure géométrique symbolique représentant le macrocosme et le microcosme. Le cercle extérieur, ici, figurant l’Eternel Dieu, source originelle d’où tout provient, dont le centre est partout et la circonférence nulle part, ce centre étant symbolisé par le point. Le triangle, lui, symbolise les trois forces divines qui animent toute la création : la Volonté (le Père),  la Sagesse (le Fils), l’Action (l’Esprit Saint). Le carré, lui, représente les quatre rayonnements éthériques, considérés selon la gnose comme « nourritures saintes » rendant possible toute manifestation : l’éther chimique (étant la matière), l’éther vitale (l’énergie), l’éther réflecteur (la pensée). 

Chapitre3

Pour en finir avec ces diverses considérations, l’Etoile à cinq branches (Pentacle) est symbole universel de l’âme nouvelle « immortelle », qui peut renaitre en l’Homme. Quant au Pentagramme (signifiant à l’origine le féminin sacré) qui entoure, donc « enceint » le Pentacle, il signifie ici la réalisation définitive de l’ « Âme-Esprit » (accouchement, en fait !), sa victoire sur la matière et sur la mort. Cette « Âme-Esprit » nouvellement évoluée correspond à la « Toison d’Or » (Lumière transcendante : en mouvement ascensionnel) des mystères grecs, et aussi : l’ « habit d’Or » des noces alchimiques de Christian Rose+Croix, « véhicule » immortel par lequel l’Homme retrouve son unicité autrefois perdue, unicité avec la nature spirituelle supérieure. Tout cela étant fortement abrégé, pour la cause, naturellement. Voici maintenant un extrait de l’auteur rosicrucien bien connu, Max Heindel, qui offre ici certains autres aspects symboliques intéressants et complémentaires : « La croix représente la matière, et la rose la vie. Semblable au rosier qui manifeste une nouvelle expression de la vie en refleurissant chaque année, l’Esprit descend régulièrement dans le monde physique pour y effectuer de nouvelles expériences et développer sa conscience divine. Sa vie est alors crucifiée sur la croix de la matière, comme l’indique la rose (ou les roses) sur la croix. La fleur qui nous réjouit par son parfum et sa beauté, est l’organe générateur de la plante, et dans le règne végétal l’acte de reproduction est accompli sans passion (vice, fureur), c’est à dire d’une manière immaculée. Par contre, en le règne humain cet acte sacré est lié à la passion sensuelle (mal contrôlée, allant à vicieuse et violente) développée sous l’influence des esprits Lucifériens, cause première de la souffrance, de la maladie et de la mort du corps physique. Les roses rouges indiquent que le sang humain doit être débarrassé de la passion luciférienne afin que l’acte créateur soit accompli en toute pureté ...La rose blanche, unité et synthèse des couleurs est l’expression de la plus haute spiritualité...Ainsi la personnalité matérielle (la croix), se soumettra entièrement à la sagesse de l’esprit (la rose), cette union donnant naissance à « l’Enfant Christ » (l’Etoile d’Or), Sauveur libérant du péché (l’erreur), de la souffrance et de la mort. L’emblème de la Rose+Croix représente l’idéal spirituel le plus élevé actuellement sur Terre. (Max Heindel-Les Frères Ainés de la Rose+Croix).   Dès lors, pour aborder un aspect moins symbolique mais complémentaire autant que nécessaire, je le crois, il n’est pas inutile de considérer aussi le sens singulier de certaines pratiques psychologiques de « conscientisation ». Car, si contrairement aux croyances inconsidérées de certains détracteurs virulents, ces travaux « sur soi » n’ont rien de répréhensible en leur principe même, étant à but louable d’élévation, donc de communion en esprit, certaines ombres, parfois, peuvent néanmoins  noircir quelque peu le tableau idyllique présenté. Les rosicruciens de la première période (vers1625 environ) étaient strictement versés en incantations diverses et prières ferventes au Christ, comme tous bons chrétiens, certes, mais avec une ferveur décuplée attenant à la connaissance voilée (Gnostique), de certains aspects forts des Evangiles, hélas ignorés, et même relégués parfois, par des exotéristes dogmatiques devenus, hélas pour le coup, typiquement sectaires. Pour comprendre mieux l’esprit de ces pratiques spécifiques, il n’est pas inutile de faire un léger détour ailleurs, où sous des apparences quelque peu différentes, les chemins étaient parallèles, et le but identique. De « La croix Kabbalistique », extrait : « Si l’on compare la Rose+Croix au corps humain, la rose en serait le cœur. Le rituel de la croix kabbalistique, ouvrant et clôturant toutes cérémonies de la « Golden Dawn », est un moyen de ressentir ce symbolisme de manière intuitive et non plus intellectuelle. Tout comme les chakras,  les sphères de l’arbre de vie de la kabbale, sont des carrefours énergétiques que l’on peut apprendre à ouvrir (activer) par la méditation, et la vibration de syllabes sacrées. Pour effectuer ce rituel, il convient de se tourner vers l’Est. Faites le vide et visualisez une lumière blanche traverser le sommet de votre crâne jusqu’au niveau du cœur. Tendez votre bras droit, touchez votre front et vibrez : « ATHA AA, ATHAA! » (Qui signifie : À toi.) Etc. etc...  On comprend que l’exercice, ici, se prolonge en conscientisant  ainsi divers aspects des sefirots structurant l’ « Arbre de Vie » kabbalistique. Mais en ce cas précis de la « Golden Down », société secrète occultiste britannique, c’est en activant très puissamment les fonctions imaginatives, ce qui selon moi, au contraire d’être vraiment  libératoires, pourrait  être soupçonnées, en certaines circonstances spécifiques, d’être inversement « manipulatoires », et pourquoi pas, même bien au-delà ?Avant de conclure,  je voudrais dire que ces pratiques peuvent aussi se réaliser à domicile, bien plus humblement, c’est à dire de manière plus simple et dénudée, libre et naturelle, sans forcément pour cela en rendre compte à qui que ce soit, si ce n’est à « Qui »l’on s’adresse, Dieu, ou tout autre. Donc sans les habituelles  ritualisations et autres pratiques cérémoniales, hors donc de toute perspective d’association initiatique ou occulte constituée, (toutes n’étant pas forcément si recommandables, c’est selon), considérant  que la simplicité et le dénuement  peuvent être parfois plus authentiques et efficaces à l’esprit naturel, que moult pompes et artifices divers qui pourraient, hélas, parfois conditionner et même jusqu’à emprisonner le mental et l’esprit dans un factice nébuleux délibérément « fascinatoire », où l’imaginaire trop exacerbé risquerait de prendre inconsidérément le pas sur une réalité « imaginale » saine, dénuée de négativités perturbantes, voire délibérément malsaines psychiquement, cela s’étant déjà vu multiples fois, malheureusement. (Empoisonnement mental, par exemple.) Pour certains des phénomènes singuliers courants qui s’y manifestent, je pense pouvoir me référer assez concrètement, entre autres, à la perspective causaliste de contenus subconscients émergeants, que Carl Gustave JUNG décrit formellement et analyse dans le fil logique de son concept « d’individuation », manifestant en cela le processus psychologique  d’élévation et d’intégration du « moi » égotique humain, par étapes parfois, sinon souvent, pénibles, longues et successives, puis s’émancipant en apothéose au « Soi » transcendantal, corrélatif en son zénith supérieur, à la pleine conscience « sublimée », que l’on qualifie généralement de « Plénitude, Réalisation, Eden, Union avec Dieu, » etc.

Conclusion

Enfin, pour conclure, voici trois extraits, en finalité, situant selon moi l’attitude concentrée « méditative », qui caractérise et exprime une forme de pensée profonde typiquement « rosicrucienne », et aussi par certains aspects concomitants, en relation avec l’esprit de la franc-maçonnerie chrétienne théiste, voire certaines autres déistes approchantes : « ...Les initiés de la Confrérie Rose+Croix se donnent un rôle qui s’écarte des prédictions de Jean le prophète, car Dieu leur aurait donné l’exclusivité de l’allumage de la lumière du sixième candélabre. Au sujet d’Hermès, il est bien rappelé : « Hermès prime ! » Cela ne veut-il pas dire que des deux références de l’Hermétisme et du Christianisme, c’est bien l’Hermétisme qui est la véritable source, l’Hermétisme qui inspire la philosophie des alchimistes ? Le Christianisme serait alors pris là comme une extension de l’Hermétisme : le Christ serait un autre Hermès et Christian Rose+Croix l’Hermès moderne... » (Claude DELBOS : « Aux Sources de la Rose+Croix – Mystères d’une Tradition ésotérique – Editions DETRAD.) (On doit bien reconnaitre ici l’aspect hérétique d’une telle affirmation, et qu’elle puisse paraitre choquante aux esprits religieux dogmatiques.)
Second extrait: « Non, le Ciel n’est point fermé, ainsi la voie demeure ouverte vers Dieu pour les enfants d’Israël, même si Jacob n’est point allé si haut. Mais encore faut-il combattre l’Egyptien que chacun porte en soi. Qui est cet Egyptien ? La tendance de la partie à se prendre pour le Tout. L’être même n’est pas exempt de cette idolâtrie puisqu’il confisque à son profit le culte des hommes... Cette tendance s’amplifie à mesure qu’on s’élève, car plus on est proche de l’infini plus on est tenté de confondre ce qu’on est, avec « qu’Il Est », en sorte que le combat contre l’Egyptien devient plus rude. C’est le « Tout » qui est à aimer, non la partie, ainsi qu’il est dit : « C’est Moi YHVH, ton Dieu, qui t’ai fait sortir d’Egypte, de la maison de servitude. Tu n’auras pas d’autres dieux que Moi » (Exode XX, 2). » André Benzimra : « Etudes de Kabbale maçonnique-ARCHE MILANO Edit. »
Le dernier mot sera donné à Sophia, la Sagesse symbolisée par la Rose que porte la Croix, dans un hymne à sa gloire découvert en notre siècle dans une grotte du désert de Gobbi, et contenu dès lors dans la bibliothèque de Nag Hammadi :« J’ai été produite par le pouvoir, et je suis venue à ceux qui réfléchissent à moi, et j’ai été trouvée parmi ceux qui me cherchent. Regardez-moi, vous qui réfléchissez à moi, et vous auditeurs, écoutez-moi, vous qui attendez amenez moi à vous...Ne m’ignorez pas, en tout lieu et à tout moment : restez sur vos gardes ! ... Je suis le silence incompréhensible, et l’idée dont revient souvent le souvenir, je suis la voix aux sons divers et la parole aux multiples apparences, je suis l’énonciation de mon nom...Je suis celle qu’ils appellent la Vie, et que vous avez appelé la Mort... Je suis celle que vous avez dispersée, et dont vous avez rassemblé les morceaux ! »(Bernard Simon « L’essence des gnostiques »-Pocket Spiritualité.)
Ainsi d’étape en étape, affrontant  épreuves et dangers, longuement, tel en un mouvement ascensionnel spiralé, la conscience humaine s’élève-t-elle, éclosant de la nuit obscure, et s’approchant autant que permis de l’« En-Soph », la Rose intemporelle, épanouie de joie profonde, transmute alors son écarlate en la blancheur immaculée de l’Invisible Divin ! Et l’ombre acide tourmentante des épreuves de la Croix devient-elle, peu à peu, souvenir pieux sacré, tel un pieu épais de bon bois solide et imputrescible, planté au Golgotha, comme en l’esprit clair et lumineux de l’ être apaisé : Révélation intemporelle de l’ homme de foi, qu’ ainsi rayonne à tout jamais pour l’amour de Dieu et de tous les êtres, le message immense et sacré de la « Rose+Croix »!

Vénérable Maitre, J’ai Dit !

 Le Frère N:. V:.

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Jallissement de Lumière

Vénérable Maître et vous mes sœurs et frères en vos grades et qualités.

Le grand maître m'a demandé de plancher sur le symbolisme de la lumière, je me suis donné un moment de réflexion, et là, j'ai réalisé l'ampleur de la tâche qui m'attendait. Un sentiment d'humilité s'empara de moi tant le sujet est vaste. Et tant de gens avant moi ont réfléchi, médité et écrit sur ce sujet et souvent de façon admirable.

Modestement, humblement, je me décide à apporter ma petite pierre à l'édifice commun.

Petite pierre dis-je ? Ce sera sûrement un grain de sable.

Grain de sable,que, je vous demande, vous sœurs et frères d'accepter comme cadeau.

L'inspiration ne venant pas, constatant que la chandelle de la créativité était morte, je vais demander un peu de feu à l'ami Pierrot qui me renvoyas chez la voisine. Vous connaissez cette belle chanson populaire !

Si on se réfère à certaines sources, la version originale disait « Prête-moi ta lume» et non « Prête-moi ta plume». Le mot Lume vient de lumière et c'est bien d'elle dont nous avons besoin lorsque la chandelle est morte. Nous avons donc besoin de «lumière» pour écrire un mot puisque «ma chandelle est morte, je n'ai plus de feu». Et c'est la voisine qui bat le briquet, c'est-à-dire qui allume son feu, et pourra rallumer la chandelle.

Alors, comment parler de lumière sans parler du feu ?

Les premiers hommes ont vu dans le feu, et la lumière qui en émane, un élément vital et un objet de déification, de vénération. Certains peuples lui rendaient un culte, adorant le feu divin du Soleil, celui-ci est présent aussi bien dans le plus humble foyer domestique, que dans les temples, faisant entretenir la flamme sacrée par des prêtres.

L'importance du feu et de sa maîtrise est vitale. Comme nous l'enseigne le récit dans la mythologie grecque de Phaéton, fils d'Hélios, le Soleil, qui faillit embraser le monde en ne maîtrisant plus les chevaux du Soleil, aujourd'hui le feu nous est donné pour le meilleur et aussi pour le pire si l'on pense au risque nucléaire.

Et du feu jaillit la lumière !

Depuis que les hommes se sont mis à croire dans un au-delà, la lumière a été source d'interprétation symbolique diverse.

Dès lors, on a attribué des vertus surnaturelles à la lumière.

Cette lumière, celle du soleil, qui éclaire le jour, et permet à la vie des hommes de se faire en toute clarté, d'agir et de vaquer a leurs occupations quotidiennes. En opposition, l'absence de lumière, la nuit, est la période pendant laquelle l'activité humaine se met en pause et l'homme dort et se repose.

La lumière donne forme et couleur au monde que les yeux découvrent. C'est d'elle que les plantes tirent l'énergie nécessaire à la synthèse de leurs réserves nutritives et, par conséquent, tout ce qui vit sur terre existe grâce à la lumière.

Autre sens, la lumière permet la clarification d'une notion, d'une idée, par opposition à l'obscurité qui est aussi un état d'ignorance, ne dit-on pas ?

- «Voulez-vous m'apporter votre lumière sur tel sujet ?».

L'obscurité est associée aux ténèbres. L'homme ne peut sortir des ténèbres sans une lueur, infime soit-elle.

Comme le jour s'oppose à la nuit, la lumière s'oppose à l'obscurité, le sens profane n'est pas très éloigné de ce que pense la franc-maçonnerie puisque le candidat à l'initiation demande l'accès à la lumière lors de son introduction en loge.

  • Quel est l'objet de cette recherche ?

  • Je cherche la lumière.

Les coups de maillets marquent le passage de l'obscurité à la lumière ou plus précisément amorcent le début d'une illumination intérieure.

Mes préjugés, mon ignorance, mes passions, mon ego ne sont que des voiles qui empêchent cette lumière d'éclairer l'humanité et le monde.

Le Maître, les sœurs et les frères me donnent la lumière. Cette lumière me permet de raffermir ma fidélité spirituelle, d'augmenter ma confiance dans mes convictions et croyances.

Elle me donne également la faculté d'avoir des actions les plus équitables et les plus correctes possibles et enfin, grâce à elle, je suis dans le juste milieu envers les hommes et particulièrement mes sœurs et frères.

Le soleil règle le jour, la lune règle la nuit, le Maître règle la loge, la lumière règle mon for intérieur.

Dans une lutte intérieure et permanente, la part d'ombre de chacun d'entre nous, ne peut détruire cette lumière profondément ancrée et qui ne demande qu'à s'épanouir au travers de notre chemin initiatique, vers un but jamais atteint car toujours à construire.

  • Car en recherchant la lumière, nous recherchons l'initiation, c'est-à-dire la mort du profane qui est en nous.

 

«L'homme est un isthme entre la lumière et l'obscurité» Rumi

Dans le Coran au verset 35 de la Sourate La Lumière, il est dit que "Dieu est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un (récipient de) cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat; son combustible vient d'un arbre béni: un olivier ni oriental ni occidental dont l'huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière sur lumière. Dieu guide vers Sa lumière qui Il veut. Dieu propose aux hommes des paraboles et Dieu est Omniscient."*

Dieu nous a enseigné qu'Il était la Lumière des cieux et de la terre afin que nous puissions tirer de Lui nos lumières : aussi devons-nous chercher la lumière à sa véritable source. Cette Lumière est partout mais sa source est dans une niche, qui est le cœur de l'homme. Elle est contenue dans une lampe protégée par un verre qui scintille comme une étoile brillante. Celle-ci symbolise la direction à suivre dans la vie. Cette Lumière n'est pas abstraite, elle est située dans une endroit spécifique qui est la foi. La Lumière provient d'un arbre béni, l'olivier, symbole de lumière et de générosité. Il n'est ni d'Orient ni d'Occident. Son huile est universelle. C'est à dire qu'elle n'appartient ni à un peuple ni à une tradition prophétique particulière. Elle est donc universelle.

Lumière sur Lumière, par cette métaphore, Dieu nous invite à saisir la fulgurante rapidité de Sa présence dans son instantanéité et le caractère relatif de la création.

Ce verset nous dit que le Divin est une lumière qui est la source de toute vie et qu'elle habite le cœur spirituel de l'homme. Ainsi chaque être humain porte en lui cette lumière et possède cette potentialité, cette force.

Par son cheminement spirituel, l'homme peut la découvrir et à cet instant il incarne l'homme universel et sa conscience remplit l'univers entier.

 

Un proverbe arabe dit «A quoi sert la lumière du soleil, si on a les yeux fermés. »

Lumière voilé, qu'il s'agit de reconnaître par étape et nous dit : « Je suis la Lumière
Et vous ne me voyez pas». Elle est à la base de tout, elle est comme une lampe dans le verre des réalités. Celui qui à la chance de l'approcher, et après l'avoir reçu doit se voiler intérieurement pour que sa lumière n'aveugle pas trop le profane.

Cette lueur qui précède le lever du soleil, véritable portails entres les mondes, telles des cascades de lumière, qui méritent qu'on s'attarde un moment afin d'admirer la beauté d'un monde en éveil.

Et ce rêve tant de fois fait, celui d'aller et de se mêler à la lumière et de former qu'un avec elle. De cette lumière naissent les émotions et la beauté de l'esprit enfin d'éclairer la sublime beauté qui est en nous.

Lorsque je marche en un endroit obscur sans aucune lumière, il me suffit de lever la tête, de regarder la lune et par la lumière qu'elle reflète me permet de retrouver mon chemin.

Dans un monde de ténèbres, cette Lumière me guide et m'aide à retrouver le chemin de la Vérité.

Que nous le sachions ou l'ignorons, que nous l'acceptons ou le refusons, que nous la connaissions ou nous nous voilons la face, peu importe, nous somme, inexorablement guidé vers la Lumière.

Les hommes en recherche de lumière, sont comme les trois papillons du conte soufi*, qui nous dit : Trois papillons devant la flamme d'une bougie. Le premier s’en approche et dit: "Moi j'ai vu la lumière". Le second vient effleurer la flamme de ses ailes et dit "Moi je connais la brûlure de lumière". Le troisième se jette au Cœur de la flamme et se consume. Lui seul connait le véritable amour. Le cheminant qui aspire à la lumière, pour l'obtenir, doit avoir le courage de se brûler comme le papillon se jette au cœur de la flamme, il doit se jeter dans le soleil et se consumer . Pour sortir l'ego de l'obscurité, notre intérieure doit brulé. C'est quand le Moi s'enflamme que nait la lumière. Sur un océan de lumière sur lequel brillent les dernières braises que chacun essais d'atteindre pour enfin connaître le secret.

Le poète mystique Hallaj, m'invite, nous invite à poursuivre notre réflexion et méditation et nous offre une piste : "Les lumières de la lumière de la Lumière ont des lumières dans la création. Et le Mystère a des mystères dans la conscience de qui savent le garder."

Je poursuis mon cheminement...

J'ai dit !

 F:.N.G

 

Bibliographie :

Rituel et Catéchismes au Rite Œcuménique. Jean-Marc Aractingi/Gilles Le Pape. L'Harmattan

La Franc-maçonnerie Clarifié pour les Initiés -L'apprenti- Irène Mainguy. Dervy

Étude sur l'Islam et la Franc-maçonnerie. Abd ar-Razzâq Yahyâ. Le Turban Noir .

Le Verset de la Lumière Commentaire, Mullâ Sadrâ Shîrâzî. Les belles Lettres

L'homme intérieur à la lumière du Coran. Cheikh Bentounès Albin Michel

* Rumi

 *(Coran 24.35)

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La Fatiha et le Notre Père



Lorsqu'un Chrétien voit prier un Musulman, il ne peut s'empêcher de s'interroger sur
ses pratiques, son rituel, sa relation a Dieu.
Lorsqu'un Musulman voit prier un Chrétien, lui aussi, ne peut s'empêcher de
s'interroger sur l'élan qui pousse le fidèle a s'adresser au Divin.
Y-a-t-il de grandes différences ? lesquelles ?
Y-a-t-il des points communs ? lesquels ?

Lorsque je me prosterne devant Dieu, le plus grand et que le chrétien prie au nom du
Père et du Fils et du Saint Esprit, le désir intime et profond n'est-il le même ?
Ni l'un ni l'autre ne pense un instant que la prière de l'autre ne s'adresse pas a Dieu.
Que Dieu ne l'entend pas ?
Le secret de la prière, dans sa plus profonde sincérité n'est-elle pas la même ?
Lorsque la prière est vécue avec le cœur, les différences, ne sont que simples détails.
Prosternes ou les mains levées vers le Ciel, n'est-ce pas le même élan du cœur vers
le Divin ?
Les mêmes sentiments d'adoration, de soumission et de dépendance sont exprimées
dans nos prières. Les demandes de pardon et d'intercession de l'humble orant sont les
mêmes....
Le Père Lelong écrit : "Comment ne pas être frappe par la parenté de ces prières et
par la convergence des attitudes spirituelles qu'elles expriment et suscitent ? Dans la
prière du rite pénitentiel que récitent les chrétiens au début de la célébration de la
messe, tous les mots (Tout-Puissant, miséricorde, pardon, péché, "guidance" de Dieu,
vie éternelle) ont leur équivalent dans la tradition islamique."

Lorsque je rentre dans une église, je sens en moi, toutes ses prières qui se font en ce
lieu. Cette sensation m'interroge.....

Nous allons essayer de mettre en parallèle ces deux textes, si important au deux
religions.

Le Notre Père

La prière du Notre Père, du Pater Noster, la seule prière enseignée par Jésus a ses
apôtres[1], véritable résume de toutes les Écritures
Elle fait partie des grands moments des sacrements du cheminement chrétien. "Elle
comprend sept demandes. Les trois premières, plus théologales, nous attirent vers la
gloire du Père, les quatre dernières, comme des chemins vers Lui, offrent notre
misère a sa Grâce[2]." Sa structure se compose en 7 demandes dont 3 célestes + 4
terrestres.

"Notre Père qui êtes aux cieux,
Que ton Nom soit sanctifie,
Que ton Règne vienne,
Que ta Volonté soit faite comme au ciel ainsi sur la terre.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour,
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi a ceux qui nous ont
offenses,
Garde-nous d'entrer en tentation, Mais délivre-nous du Mal."

Structure de la prière

La structure du "Notre Père" se compose de deux grandes parties. La première partie
qui commence par l'invocation a Dieu le Père(abba), et qui se poursuit par trois
demandes émises a la deuxième personne du singulier en grec. Les trois premières
demandes sont d'une très grande simplicité et se succèdent sans liaison. Les quartes
premières demandes sont celles qui concernent l'humanité. Certains la considèrent
comme la Prière de Jésus. Le caractère eschatologique des trois premières demandes
est généralement admise . Elles se singularisent dans la mesure ou elles sont,en grec,
écrite a la deuxième personne du singulier. Elles forment une unité stylistique,
connue de la poésie hébraïque. 
Chacune se termine en grec comme en araméen par le pronom possessif

"Notre Père,
Que ton Nom soit sanctifie
Que ton règne arrive
Que ta volonté soit faite".

La deuxième partie du " Notre Père " est constituée de demandes faites,en grec, a la
première personne du pluriel. Chacune des demandes est composée de deux éléments,
les demandes étant liées par une conjonction de coordination . Les demandes en
"nous" répondent a la requête des disciples dans le récit évangélique précédent le
Notre Père :" Seigneur, apprends-nous a prier " (Évangile de Luc 11,1) (3). Les trois
dernières demandes relèvent d'un enseignement a un petit groupe, celui des disciples,
et appellent a un déchiffrement. L'interprétation et la traduction de ces prières seront
plus discutées que les trois premières demandes. La nature des dernières demandes
semble se rapporter plus, selon certains d'exégètes, a la vie quotidienne qu'a une
portée eschatologique. Dans cette prière, les sept demandes peuvent se comprendre
du point de vue de l'homme, qui correspondrait aux progrès du chrétien dans le
temps, soit dans le sens 4 + 3.

La Fatiha

La Fatiha (arabe : al-f?ti?a) est la sourate d'ouverture du Coran, le livre sacre des
musulmans. Composée de sept versets, elle met l'accent sur la souveraineté et la
miséricorde d'Allah.
Elle peut être traduite par " l'entrée ", " le prologue " ou encore " l'ouverture ".
Mohammed (pbsl) la nomme "la mère du Coran " (Oumm-ul-Kitab). La tradition
veut que ce soit la première sourate complète qui lui ait été révélée (l'ordre fixe du
Coran n'est pas l'ordre chronologique de la révélation coranique, c'est pourquoi cette
affirmation n'a pas de caractère évident). Il y a environ 25 noms épithètes de cette
sourate. La tradition veut que les musulmans sachent au moins une sourate par cœur.
Comme la Fatiha est courte et indispensable pour la salat (prière), elle est en général
apprise des l'enfance dans les madrasas (écoles coraniques) ou est simplement
enseignée par les parents. Elle est récitée au début de chaque unité (rakaat) de prière,
auquel cas le terme " amin " (" amen ") y est ajoute en conclusion.
La sourate elle-même est presque toujours récitée lors de la cérémonie du mariage
musulman. De nombreuses pierres tombales musulmanes portent des inscriptions
demandant au visiteur de réciter la Fatiha pour l'âme de la personne décédée.

1 Au nom d’Allah: celui qui fait miséricorde, le Miséricordieux.
2 Louange a Allah, Seigneur des mondes :
3 celui qui fait miséricorde, le Miséricordieux,
4 le Roi du Jour du Jugement.
5 C’est toi que nous adorons, c’est toi dont nous implorons le secours.
6 Dirige-nous dans le chemin droit:
7 le chemin de ceux que tu as comble de bienfaits ; non pas le chemin de ceux qui
encourent ta colère ni celui des égarés[4].

Historique de sa révélation
La tradition scolastique islamique s'est interrogée sur ou et quand les versets et les
sourates du Coran ont été révélés a Mohammed (pbsl), notamment si tel verset fut
révélé a la Mecque ou a Medine. Selon Ibn Abbas et d'autres savants, la Fatiha est
une sourate mcquoise, mais selon d'autres, c'est une sourate medinoise. D'autres
encore, comme Mudschahid ibn Dschabr, sont d'avis que la première partie de la
sourate est apparue a la Mecque et la seconde a Medine. La première hypothèse est
largement admise, bien que certains croyants pensent qu'elle a été révélé pour partie a
la Mecque et pour partie a Medine. L'exégèse coranique confirme la grande
importance de cette courte sourate : le commentateur du Coran andalou al-Qurtubi
(mort en 1272) lui consacre 67 pages dans son exégèse.
Les islamologues occidentaux se sont aussi intéresses a la question par la suite. Il est
difficile de répondre quant a l'age de la Fatiha. Cependant, il n'y a pas de doute que la
sourate était déjà apparue a la Mecque et appartenait au rituel de prière des premiers
musulmans.

Place dans la prière musulmane
Âpres s'être oriente vers la Mecque (la qibla) l'orant dit "Allahu akbar " ("Allah est
plus grand (que tous les autres) "), et commence debout la récitation de la Fatiha en
langue arabe, en louant Allah et en exprimant son désir de chercher refuge auprès
d'Allah contre le diable.
Il continue avec de nouveaux versets du Coran qu'il a lui-même choisi, puis il se
prosterne (le front doit toucher le sol) et termine la prière par la salutation islamique,
" as-salam 'aleikoum ", adresse, selon la foi musulmane, aux deux anges assis a sa
droite et a sa gauche. Auparavant il aura pu, le cas échéant, exprimer une prière de
demande (dua) dans sa langue maternelle.
En raison d'un hadith qui affirme que "la prière, dans laquelle la Fatiha n'est pas
récite est invalide ", de nombreux savants musulmans insistent sur l'importance de
cette sourate dans leurs commentaires. En pratique, cela signifie que les musulmans
qui font leurs prières quotidiennes selon les règles traditionnelles récitent cette
sourate au moins 17 fois par jour au minimum, si on ne compte que les cinq prières
obligatoires (2 pour la prière du matin, 4 pour celle du midi, 4 pour celle de l'après-midi, 3 pour celle après le couche de soleil et enfin 4 pour celle du soir).

Commentaire de la sourate
Le premier verset, dont la translittération est "bismill?hir rahm?nir rah?m " ("Au
nom de Dieu, le Tout miséricordieux, le Très Miséricordieux "). Cette formule
apparait au début de chaque sourate du Coran, exceptée la neuvième, At-Tawba (et
elle est répétée deux fois dans la 27e, An-Naml). Elle est un verset uniquement dans
la Fatiha. Cependant, certains savants (malikites) sont d'avis qu'elle ne constitue pas
un verset. Elle est normalement prononcée avant de réciter une sourate ou une partie
de sourate pendant la prière quotidienne, ainsi qu'avant les proclamations publiques et
parfois même avant de nombreuses activités personnelles quotidiennes dans de
nombreuses sociétés musulmanes. C'est un moyen d'invoquer la bénédiction d'Allah
et de proclamer sa motivation avant une entreprise.
Les deux mots " ar rahm?n " et "ar rah?m " sont souvent traduits par "
misericordieux " en français. Par exemple " le Tout Miséricordieux, le Très
Miséricordieux " (traduction de Muhammad Hamidullah). Ce sont deux formes
linguistiques différentes de la racine triconsonontale " R-H-M " qui signifie "
miséricorde ". Le mot "rahmaan" indique l'importance alors que "rah?m" évoque la
permanence temporelle.
Dans ses interprétations ésotériques du Coran, traduit par Michel Vaslan, Qashani,
nous donne cette explication, "Ainsi donc, le sens du premier verset de la Fatiha est le
suivant : " Par la Forme Humaine Parfaite qui réunit la Miséricorde particulière, et
qui constitue la manifestation de l'Essence et de la Vérité Suprême avec tous les
Attributs, par cette Forme qui est le Nom Suprême, par cette Forme qui est le Nom
Supreme, je commence et je récite..."(*)

Le deuxième verset "alhamdulillah" se situe parmi les phrases les plus populaires du
monde arabe. Il est exprime pour signifier qu'on se sent bien, qu'on est heureux, et
meme pour exprimer la consolation après une épreuve. Ce verset est aussi significatif
en ce qu'il inclut une relation entre le nom d'Allah le plus commun, " ?", et un
autre, " ?? ", qui peut être traduit par " Seigneur " et qui partage la même racine que
l'hébreu " rabbi ".
C’est la sourate que le musulman répète le plus au long de sa vie puisqu’elle doit être
récitée au moins deux fois dans toutes les prières rituelles (2 fois dans celle du matin,
4 fois dans celles de midi et de l'après midi, 3 fois dans celle du coucher et 4 fois
dans celle de la nuit) sans même parler des surérogatoires.
D'apres Abu Hurayra, l'Envoye de Dieu (pbsl) a dit : " Dieu le Très-Haut a dit : " j'ai
divise al-Fatiha en deux parties égales entre Moi et Mon serviteur : la première moitie
M'appartient, la seconde est a lui, et Je lui accorderai ce qu'il Me demande".

Récitez al-Fatiha, poursuivit l'Envoyé de Dieu.
Lorsque le serviteur dit: "Louange a Dieu, le Maitre de l'Univers".
Dieu dit : "Mon serviteur M'a loue !".
Lorsque le serviteur dit : "Le Clément, le Miséricordieux",
Dieu dit : "Mon serviteur M'exalte.".
Lorsque le serviteur dit : "Le Souverain au jour du jugement dernier",
Dieu dit: "Mon serviteur Me rend gloire.".
Lorsqu'il récité : "C'est Toi que nous adorons ! C'est Toi dont nous implorons le
secours !",
Dieu dit : "Ce verset est entre Moi et Mon serviteur, Je lui accorderai ce qu'il Me
demande.".
Lorsqu'il achève par : "Guide-nous dans la Voie droite ; la voie de ceux que Tu as
combles de bienfaits, non celle de ceux qui ont mérite Ta colère ni celle des égares !",
Dieu dit: "Ces paroles appartiennent a Mon serviteur et Je lui accorderai ce qu'il Me
demande.".
(hadith sahih rapporte par Muslim, at-Tirmidhi, Abu Dawud, Ibn Maja et an-Nasa)

Correspondances

La prière du Notre Père, du Pater Noster, est considérée par certains comme un
véritable résumé de toutes les Écritures, la Fatiha est, elle aussi considérée comme un
véritable résumé du Coran.
Les deux textes se terminent par un appel au Seigneur, seul capable de préserver
l'homme du mal et du péché. Quelques convergences sont possibles entre les prières
dominicales et coraniques. Les deux prières chrétiennes et musulmanes ont sept
versets avec une structure descendante, quasiment identique, l'on peut constater la
parente de nombreux termes et significations. Une première partie est pour Dieu et
une seconde partie est pour l'homme. Dans la prière Chrétienne c'est la paternité de
Dieu qui influence les demandes. Dans la prière Musulmane c'est la Miséricorde
d'Allah qui est glorifiée. La! nous constatons et comprenons mieux la différence entre
l'Islam et le Christianisme.
Dans l'un, l'Islam, est dans son essence l'explication de la grandeur de Dieu, tandis
que dans l'autre, le Christianisme, c'est la révélation du Dieu/Père et le régime
d'Alliance Biblique.
Cette différence, n'empêche absolument pas de se comprendre.

Le Notre Père La Fatiha

1.Notre Père qui êtes aux cieux Au nom d’Allah: celui qui fait miséricorde, le Miséricordieux. 
2. Que ton Nom soit sanctifie, Louange à Allah, Seigneur des
mondes 
3. Que ton Règne vienne, celui qui fait miséricorde, le
Miséricordieux, 
4. Que ta Volonté soit faite comme au ciel
ainsi sur la terre le Roi du Jour du Jugement.

5. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour, C’est toi que nous adorons, c’est toi
dont nous implorons le secours. 
6.Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi a ceux qui nous ont offenses, Dirige-nous dans le chemin droit:

7. Garde-nous d'entrer en tentation, Mais
délivre-nous du Mal. le chemin de ceux que tu as comble de
bienfaits ; non pas le chemin de ceux qui
encourent ta colère ni celui des égares 

Remarquons l'organisation septiforme des deux prières.
Sept demandes dans le Pater, avec un équilibre interne de 3 demandes célestes + 4
demandes terrestres.
Sept versets dans la Fatiha, avec un équilibre interne de 4 versets attestant la foi en
l'Unicite de Dieu (Tawhid) et le nomme par Ses plus beaux Attributs ; il reconnait Son autorité absolue sur ce monde et sur l'autre et le désigne comme l'Unique destinataire de son adoration ainsi que sa demande d'aide. Dans la seconde partie (verset 6-7), le musulman demande a son Seigneur de le guider sur la Voie droite et de l'écarter de Sa désapprobation ainsi que de tout égarement. Une structure , en 4 + 3: les quatre premiers versets concernant Allah au ciel et les trois derniers "nous", les hommes sur cette terre. Le "nous", première personne du pluriel par opposition au "je", indique que le fidèle prie au nom de tous les musulmans et pas seulement en son seul nom. Remarquons au verset 5, dans celui-ci un mouvement ascendant de l'homme vers Dieu, a travers son adoration et sa demande, et en réponse, un mouvement descendant en forme de recours Divin.
On remarque que la troisième demande du Notre Père, ayant Dieu pour objet, fait le
lien entre le céleste, grâce au mot "ciel" et le terrestre, grâce au mot "terre".
Le mot "terre", a la fin des trois premières demandes, faisant la liaison entre le 3 du
ciel, ou Tu demeures, Toi notre Dieu ! et le 4 de la terre, symbolisant les pérégrinations du Chrétien...
Le cinquième verset de La Fatiha, relatif aux hommes, fait le lien entre le céleste,
grâce a sa première partie : " C’est toi que nous adorons " – qui a bien un
mouvement ascendant vers Allah et le terrestre concernant les hommes ici-bas, grâce
a sa seconde partie : " c’est toi dont nous implorons le secours ".
Les deux textes se reflétant par effet de miroir.

Conclusion.

Nous avons tenté de faire un parallèle entre Le Notre Père des Chrétiens et La Fatiha
des Musulmans dans le but d'une meilleure compréhension de l'autre. Sans tomber
dans un syncrétisme naïf et dangereux, notre motivation est de démontrer les points
communs, les similitudes mais aussi les différences. Et par un effet de miroir se voir
dans l'autre. Au delà de nos différences, il y a de toute évidence un sentiment d'union
dans la prière, un élan semblable, une ferveur partagée. Une recherche permanente
du Souffle Divin. Nous terminerons en citant le Père Christian de Charge, moine de
Tibherine, Algérie : “ Cette unité de tous les peuples dans le Cœur du Christ me
semble plus évidente encore, écrit-il, quand on se met loyalement à l’écoute d’un
autre peuple en prière, et qu’on découvre, à travers lui, que les attitudes et les mots
les plus simples ignorent les frontières de religion, qu’ils sont un langage universel :
prière du corps gestuée, longue rumination d’une formule litanique, d’un “ dhikr ”
ou d’une “ prière de Jésus ”, d’un mémorial des plus beaux Noms de Dieu.”.
Notre objectif n'est pas de prêcher une fraternité qui voudrait oublier les principes
propres a chaque religion. Bien au contraire, notre démarche se veut une invitation a
voir l'Unicite dans la multiplicité et a reconnaitre la validité de chaque expression
révélée comme un aspect manifeste de cette Vérité.

"Quelle prière serait-ce si, étant auprès de Toi
Dans la mosquée, mon cœur demeure dans le bazar ?
Prier vraiment c'est ressembler aux anges.
Mais moi, je suis encore la proie des bêtes et des démons.
De cette prière hypocrite, j'éprouve de la honte.
Et je n'ose lever mes yeux vers Toi."
Djalal ad-Din Rumi

J'ai dit

Nadim G:.

Notes:
[1] : Cf. mes Bergers du Soleil, op. cit., pp. 153-154 ; Le Nom de gloire, op. cit., pp. 44-46 ; "La
priere signee du Nom", art. in Cep n° 40, juillet 2007 et sur le site Contrelitterature du 5 novembre
2008 ; "Le carre SATOR, le Pater Noster et la Croix", art. in Le Cep n° 44, juillet 2008, pp. 64-80
et sur le siteContrelitterature du 25 sept 2008 ; "Le coeur nomme de gloire", in revue
Contrelitterature n° 22, l’Harmattan, 2010, pp. 79-88, et mis en ligne sur le site Contrelitterature du
23 mars 2011.
[2] : Cf. Catechisme de l’Eglise catholique, Paris, Mame / Plon, 1992 (abrev. = CEC), § 2803, p.
568. Dans le Supplement Cahiers Evangile n° 132,’’La Priere du Seigneur’’ (le Cerf, juin 2005, 136
pages), Hugues Cousin prouve son oubli de la Tradition catholique en ecrivant : ? les trois
premieres demandes qui ont Dieu pour objet, et enfin les trois dernieres qui touchent a l’existence
concrete. ? (p. 2) Un Liminaire a vite eliminer… De son cote, Gilbert Dahan affirme qu’au Moyen
Age ? les demandes elles-memes sont partagees en 3 + 4 ou, plus souvent, en 3 + 1 + 3 [il doit
confondre avec laMenorah…], la demande concernant le pain jouant un role intermediaire. Voici
par exemple comment un liturgiste du XIIe s. (…) comprend la structure du Pater. ? Et de citer Le
miroir de l’Eglise dans lequel Honorius ecrit :?Il y a sept demandes, qui sont reparties en trois et
quatre. Par les trois, on comprend le Pere, le Fils et l’Esprit saint ; par les quatre, on comprend le
monde… ? (p. 89) Aucun exemple du "frequent" 3 + 1 + 3 :
[3] : Cf. Supplement Cahiers Evangile, op. cit., p. 90. Le cardinal BARBARIN a publie dans ce
sens : Le Notre Pere. Un chemin de vie spirituelle (Saint-Maur, Parole et Silence, 2007). Joseph
RATZINGER-BENOIT XVI, en son livre sur Jesus de Nazareth (t. 1er, Paris, Flammarion, 2007),
signale qu’un starets orthodoxe ne pouvait s’empecher ? de faire reciter le Notre Pere en
commencant par le dernier mot, afin qu’on devienne digne de clore la priere avec les paroles
initiales :"Notre Pere". De cette maniere, declarait-il, on prend le chemin pascal : "on commence
dans le desert avec la tentation, on retourne en Egypte, on parcourt a nouveau le chemin de l’Exode,
par les stations du Pardon et de la manne de Dieu, pour arriver grace a la volonte de Dieu dans la
Terre promise, le Royaume de Dieu...’’? (p. 158) J’espere qu’il n’osait pas penser, en consequence,
que le Christ invitait ses Apotres a aller a rebours : de la Terre promise a l’Egypte… Mais le brave
starets n’a pas du se souvenir que c’est l’Esprit du Fils qui nous fait nous ecrier : "Abba ! Papa !"
dans le sens du retour vers le Principe sans principe (Rm 8, 15 et Ga 4, 6). ? L’abime appelle
l’abime ? (Ps 42, , comme le rappelle intelligemment le CEC, op. cit.,§ 2803, p. 568.
[4] : MASSON Denise, Le Coran, Preface de Jean GROSJEAN, Paris, Gallimard, 1967, t. 1er, p. 3 ;
[5] : GOLDZIHER Ignaz, Etudes sur la Tradition musulmane (Muhammedanische Studien,1890),
traduction de Leon BERCHER, Paris, Adrien Maisonneuve, 1984.
Encyclopadia of Islam. New Edition. Brill, Leiden. vol. 2, p.841.
Roger Caratini et Hocine Rais, Initiation a l'Islam: La foi et la pratique, Presse du Chatelet, 2003,
203p. (ISBN2-84592-076-8), partie II, chap. 1 (? Les cinq piliers de l'Islam ?), p. 126.
Encyclopadia of Islam. New Edition. Brill, Leiden, vol. 5, p. 512.
imprime a Beyrouth 2006. vol. 1, p. 166-233.
Theodor Noldeke, Geschichte des Korans, vol. 1, p. 110.
Resume du Sahih al-Bukhari, Daroussalam, 1999, p. 249.
(*) Qashani : Les interpretations esoteriques du Coran, traduction Michel Vaslan p12

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La Matrice Universelle

Chacun d'entre nous, a un moment de sa vie, en regardant, par une douce nuit d'été, la voute céleste, n'a-t-il pas ressenti cette impression étrange d'être enharmonie avec l'univers ? Cette impression que le monde prend une nouvelle dimension et que nous sommes en présence d'une grande force de l'univers, cemoment si privilégié. Cette puissance supérieure bienveillante soutenant notre univers, cette source d'énergie Primordiale. Une sensation subjective, de faire partied'un grand tout, d'un état infini, en dehors de l'espace et du temps. Il y a là, quelque chose qui nous dépasse et, pourtant, ce sentiment étrange que nous étions déjàlà lors du "Big Bang", même si c'était a un niveau infinitésimal. Enveloppés de cette Matrice Universelle, celle-ci nous procure une plus grande clarté d'esprit et rendféconde notre créativité. Par la localisation spatiale et temporelle, nous essayons de donner au temps et à l'espace un caractère concret, afin de pouvoir, par unedémarche consciente, les structurer, les "raisonner", comme cela se fait dans certaines traditions, où en des lieux reconnus comme privilégiés, voire sacrés, en desmoments particuliers, exceptionnels, uniques, voire sanctifiés, le temps et l'espace semble se condenser, permettant à tout un groupe d'homme de fusionner etd'arriver en osmose, de se sentir comme une unité permanente. Faisant parti d'un Tout. Il y a tant de choses à découvrir au-delà de ce que l’on voit. Tant de petiteschoses peuvent cacher de bien plus grandes ! Pour les découvrir il ne faut pas s’arrêter seulement sur les formes, mais chercher au delà des formes,chercher leprincipe, l’esprit, c’est-à-dire apprendre à mieux percevoir ce qu’est l’Essence du monde afin de mieux percevoir la Matrice au travers. Cette force a reçu différentsnoms dans le passé. Certains l'appellent "Grand Architecte de l'Univers", d'autres "Conscience Cosmique", Miséricorde Divine (Rahma) ou Matrice Universelle. Et puisles questions fusent ! Pourquoi cette sensation de lien avec cet univers ? Je suis une émanation de cette Matrice et donc qui suis-je ? Où est ma place dans cetunivers, dans le monde matériel dans lequel nous vivons enfin, où suis-je ?
Comment entreprendre le retour à la Matrice dans le monde non-matériel, où vais-je ? Comment toucher à l’essentialité des événements et de la Vie ? Sommes-nous dans une expansion de la Conscience, de la Matrice Universelle ?
Pour essayer de répondre a ces questions, nous allons nous intéresser à la méthode que le Pr Aziz El Amrani Joutey a mis au point. Celle de l'approche Matricielle :L’approche matricielle est issue d’une synthèse entre la physique quantique et deux sources traditionnelles de connaissance: le Soufisme et l’Advaïta Vedanta (lanondualité). Le soufisme est une approche ésotérique et initiatique, qui professe que toute réalité comporte un aspect extérieur apparent mais aussi un aspectintérieur voilé et se caractérise alors par la recherche d’un état de conscience qui permet d’accéder à cette réalité cachée. Une étape importante est donc celle durejet de la conscience habituelle, celle des cinq sens, pour privilégier l’écoute intérieure, la contemplation et l’éveil pour progressivement passer de l’existence àl’essence.
Le Soufisme est au-delà de la religiosité, il est une pulsion catalisatrice de l'être. Le corps est une réalité projetée dans un monde virtuel, une réalité qui n'est pas dece monde. Dans leur pratique, les soufis récitent et méditent les 99 Noms Divins, en plus d'être des Attributs, ils sont des énergies qui structurent et soutiennent lesunivers manifestés. L’Advaita Vedānta qui est une école philosophique de l’hindouisme. Advaita signifie littéralement « non deux » et se traduit le plus souvent parnon-dualité, dans la mesure où son principe fondamental affirme la non différenciation de l’être individuel (jīvātman) et de la Totalité (Brahman) qui est neutre.L’Advaita Vedānta qui peut être considéré comme l’aboutissement de la philosophie indienne affirme que « la vérité est une, bien que les sages la voient sous demultiples formes ». Selon le Professeur Aziz El Amrani Joutey, L’Approche Matricielle se situe à la confluence de la tradition et de la modernité, réconciliant les acquisde la science la plus rigoureuse et ceux des approches spirituelles les plus éclairées. Cette approche nous permet de découvrir que la spiritualité procure un cadrephilosophique cohérent et harmonieux pour les théories les plus avancées du monde physique. J'ai pris comme exemple cette méthode, car je suis proche de laculture Soufie, mais que ce soit clair, ce n'est pas un exclusivisme. Par ailleurs, il est actuellement admis que chaque être et ce, quel qu'il soit et quelle que soit sacroyance, fût-il athée, agnostique, développe une forme particulière de spiritualité. Cette spiritualité est l'expression personnelle de notre propre conception del'Univers et de la relation et de la connexion que l'on établit avec lui. Elle régie tous les aspects de notre vie. Dans cette approche, la conscience ne se définit pas,comme une simple capacité de réflexion sur soi, comme une fonction de connaissance, mais comme un prodigieux et unique foyer d’énergie. En connexion avec laConscience Primordiale. Cette énergie peut être potentielle ou actuelle dans les êtres : ce qui explique sa présence formatrice et informatrice, à des degrés divers, àtous les niveaux d’existence et de manifestation. Elle ne se limite pas aux états, aux actes, aux phénomènes de conscience qu’étudient les psychologues ; elle nes’assimile pas au seul psychisme ; elle déborde au delà, elle constitue et anime l’intégralité de l’être, y compris ce qu’on appelle la matière. Le physicien Max Planckl'un des pères de la physique quantique, vers la fin de sa vie, fit de nombreuses conférences. Lors de celle qu'il donna à Florence en 1944, il déclara : «Pour moi qui aiconsacré toute ma vie à la science la plus rigoureuse, l'étude de la matière, voilà tout ce que je puis vous dire des résultats de mes recherches: il n'existe pas, àproprement parler, de matière ! Toute matière tire son origine et n'existe qu'en vertu d'une force qui fait vibrer les particules de l'atome et tient ce minusculesystème solaire qu'est l'atome en un seul morceau. Nous devons supposer, derrière cette force, l'existence d'un Esprit conscient et intelligent. Cet Esprit est lamatrice de toute matière.». Max Planck découvrit que l’énergie du rayonnement thermique n’est pas émise continûment mais apparaît sous forme de « paquets »d’énergie auxquels Einstein donna le nom de quanta. Par ailleurs, la théorie quantique a montré que certaines propriétés surprenantes des atomes proviennent de lanature ondulatoire de leurs électrons.
Les physiciens disent que l'univers est composé de matière, de chaleur et d'énergie, qui se résolvent en éléments, en ondes, en forces. Mais il y a un aspect del'univers qu'il ne faut pas négliger, sans quoi, nous n'en aurions qu'une idée imparfaite. L'univers, aussi bien l'infiniment grand que l'infiniment petit, est organisé,structuré il se meut selon un ordre, et c'est pour cela que les savants peuvent découvrir des "lois" physiques, des "lois" thermodynamiques, c'est-à-dire desconstantes créatrices d'ordre et d'harmonie. La physique quantique est l'appellation générale d'un ensemble de théories physiques nées au XXe siècle qui, comme lathéorie de la relativité, marquent une rupture avec ce que l'on appelle maintenant la physique classique, l'ensemble des théories et principes physiques admis auXIXe siècle. Les théories dites « quantiques » décrivent le comportement des atomes et des particules, ce que la physique classique, notamment la mécaniqueNewtonienne et la théorie électromagnétique de Maxwell, n'avaient pu faire, et permettent d'élucider certaines propriétés du rayonnement électromagnétique. Laphysique quantique heurte le sens commun à plusieurs égards.
Sa description du monde microscopique, radicalement nouvelle, s'appuie sur de nouveaux postulats. Sur le plan philosophique, la mécanique quantique, ouvre desperspectives formidables et des champs de réflexion insoupçonnés. Une chance pour réconcilier la science et la spiritualité. Pourquoi la spiritualité ne serait pascompatible avec la science? Jusqu'à présent la science occidentale n'était pas compatible avec la spiritualité. Dans ce contexte nouveau, de réelle perspective dedialogues s'offrent à nous. Lorsque les abstractions de la physique quantique rejoignent la métaphysique des Traditions spirituelles, l'homme retrouve un équilibretrop longtemps oublié. Les découvertes récentes de la physique quantique, redonne espoir quant à nos cheminement spirituels. Les recherches les plus avancéesdans le domaine de la matière, nous laisse penser que celle-ci est mue par une Conscience. L'avenir semble prometteur concernant la mécanique quantique et le rôlede la Conscience. L'un des pères de la physique quantique, le physicien David Bohm, dit : « Si l’Homme pense à la Totalité comme constituée de fragmentsindépendants, alors c’est comme cela que son esprit tendra à fonctionner. Mais s’il peut tout inclure de manière
cohérente et harmonieuse dans une globalité indivisible, ininterrompue et infinie, alors son esprit tendra à se développer dans une voie similaire.» Si les découvertesde la physique moderne et les enseignements des diverses spiritualités ne sont pas encore en totale adéquation, ce n’est pas la Tradition qui se trouve prise endéfaut, mais la science qui n’a pas encore atteint le développement suffisant.
La science s’est déjà avancée très loin sur la voie de cette réalisation. C’est avec joie, que nous devons accueillir le faite que toute ces notions sont acceptées par unensemble de savants des plus éminents. 

Que sait-on vraiment de la réalité ? 
"Si nous nous montrons capables de penser l’univers, c’est que l’univers pense en nous." François Cheng
Comment chacun de nous pense, imagine visualise l'Univers et son infinitude ? Exercice pour le moins difficile, comment appréhender une telle représentationmentale ? Peut-on se représenter l'infini ? Et pour le coup, des pensées vertigineuses nous viennent en tête qui dépassent notre entendement. Alors, lorsque lascience suggère l'idée selon laquelle un dessein existant dans l'Univers n'est pas à exclure.
A chaque génération, nous nous fabriquons un modèle de la réalité du monde et diverses suppositions se font jour au cours du temps mais périodiquement elless'avèrent fausses pour les générations suivantes. Toute une conception de l'univers que nous considérions acquises deviennent simplement dépassées et souventfausses des années plus tard. Nous sommes prisonniers d'une vision de l'univers qui ne dépasse pas notre connaissance et est subordonnée à celle-ci. La physiquequantique nous donne le choix et une autre façon de voir le monde. Elle ne nous donne pas une représentation du monde, elle nous offre la possibilité de choisirparmi les calculs des possibilités qu'elle fait. Pour les cheminants que nous sommes et quelle que soit la voie empruntée, la véritable magie n'est pas d'être dans leréel mais dans le mystère. Notre acceptation du monde est intimement liée à la vision que nous en avons. Nous sommes conditionnés par notre modèle.
On nous dit que la réalité est filtrée par nos sens, elle n'est que le résultat de ce nous voyons, entendons, touchons, sentons et goûtons, que cette réalité n'est lefruit que de la conceptualisation de notre cerveau. Lorsque je regarde mon stylo, celui-ci à une identité à travers mes yeux. La vision de ce même objet par uneabeille ou une mouche sera totalement différente. Et celle de la chauve-souris, sera encore différente, ainsi pour elle, sera un phénomène d'ultrasons. Notre cerveauconstruirait mathématiquement la réalité en interprétant des fréquences venant d’une autre dimension qui transcende le temps et l’espace. Notre Conscience et lecerveau qu’elle utilise seraient essentiellement un hologramme interprétant un univers holographique. L'observation participe à la création du sujet. Notre cerveaureçoit en permanence une très grande quantité d'informations il en analyse 400 000 millions par seconde et nous n'en enregistrons seulement que 2000, si j'osedire, ce sont les informations qui nous intéressent le plus. Celles qui concerne notre vie quotidienne, notre corps, notre entourage et notre temps. Je ne suis pas cecorps, ce corps est en moi, une telle assertion peut nous déstabiliser et remettre en question notre conception de l'univers !

Conclusion
"Nous vivons comme nous savons. Si nous concevons l'univers et nous-même comme des mécaniques, nous mènerons une vie mécanique. Au contraire, si nouspensons que nous faisons partie d'un univers aux potentialités sans limites, et que notre esprit est une matrice de réalité, alors notre vie deviendra un potentielcréatif."Marylin Ferguson, Les enfants du verseau
En exergue, cette phrase de Marylin Ferguson, a elle seule peut condenser l'enjeu auquel nous sommes confrontés. Quel est notre monde intérieur ? Quel mondenous voulons pour nous, les autres et les générations futures ? Gardons les pieds sur la terre ferme et ne tombons pas dans la promotion des pseudosciences. Il y atout un mouvement de pensée qui se réfère à la science pour avancer des arguments et imposer une certaine vision de l'homme et de son évolution. Nosinterrogations restent sur le plan spirituel, sans chercher coûte que coûte une quelconque justification scientifique. Vouloir démontrer l'existence d'un lien entrescience et spiritualité ne doit pas nous égarer outre mesure ! La science et les débats philosophiques qu'elle suscite, nous aide a nous questionner/requestionner surle plan spirituel et sur la démarche, la voie de l'accomplissement de notre quête. Notre éducation cristallise un état de conscience, celui-ci nous empêche d'entrevoirla réalité multidimensionnelle de notre être. Le système de penser, qui au cours des siècles a forgé notre éducation ne nous offrent pas les outils pour appréhendernotre réalité. Nous devons nous transcender afin d’intégrer notre réalité. De réaliser notre réalité. Les nouvelles connaissances scientifiques peuvent nous conduire àune réalisation intégrale de l'homme, au renouvellement de notre vision de l'Univers, à l'établissement des équilibres personnels et sociaux. Dans une relation àl'autre qui intègre et ne détruit pas.
Notre univers entre dans une phase particulaire, nous assistons à une accélération du temps, pour illustrer cette accélération, prenons l'exemple de cette sagesseancienne : un enfant qui cours et lorsqu'il s'approche de sa mère, il court encore plus vite . Notre univers va à la rencontre de la Source. Depuis le Big-Bang l'universest en constante extension, or la mécanique quantique nous apprend que les particules mêmes séparées reste toujours en connexion, ce qui laisse à penser quel'Univers est en permanence interconnecté.
La matière n'est pas ce que nous avons cru pendant des siècles, en effet dans le monde subatomique il y a beaucoup d'énergie et ce dans des espaces très réduits eten des temps très brefs. Sous un apparent désordre, notre Univers rempli de milliards de galaxies, qui ressemble étrangement aux milliards de particules quiconstituent le plus petit caillou de notre terre, tout cela à des vitesses vertigineuses et inimaginables. Sous cet apparent désordre, cet immense chaos se dévoile ànous, une beauté infinie, en contemplant la voute étoilée, un soir d'été. L'homme à l'image de l'Univers, qui sous une apparence de désordre, recel en lui la Beauté,l'Intelligence et la Sensibilité. Et avec son regard d'enfant il voit dans une fleur la Magnificence de la Matrice Universelle, ses yeux se remplissent d'Amour.
J'ai dit
N:.G:.

Bibliographie
La « Conscience-Énergie » Structure de l’homme et de l’univers. Les implications
scientifiques, sociales et spirituelles par Dr Thérèse Brosse Paris, Éditions Présence,
1978.
François Cheng